Environ 1% de la population française reçoit un traitement par AVK et les accidents hémorragiques sont au premier rang des accidents iatrogènes. L’HAS a édicté depuis Avril 2008 des recommandations visant à diminuer la morbidité liée aux AVK. Parmi elles figure la prise d’1 à 2 mg d’AVK par voie orale en préventif en cas d’INR entre 6 et 10. Une récente étude américaine a fait le point sur l’intérêt de cette prescription en l’absence de complication hémorragique. Elle porte sur une population de sujets ambulatoires traités par Warfarine, qui est l’AVK le plus prescrit au monde (mais très minoritaire en France). Après randomisation, les sujets présentant un INR situé entre 4,5 et 10 recevaient soit une capsule de 1,25 mg de vitamine K, soit un placebo. Le suivi était clinique (interrogatoire téléphonique) et biologique (INR) à J1, J3, J7, J14, J28 et J90. Le but de l’étude était de déterminer s’il y avait une différence significative de survenue d’évènements morbides (hémorragies, accidents thrombo-emboliques, décès) entre les 2 groupes. Or, si la prise de vitamine K a effectivement entraîné une diminution plus rapide de l’INR, en revanche aucune différence significative n’a pu être mise en évidence pour les complications recherchées, quel que soit le délai considéré ou la tranche d’âge des patients considérés. Ce travail laisse donc penser qu’il n’est probablement pas indispensable de supplémenter en vitamine K les patients asymptomatiques et qu’un simple arrêt provisoire du traitement avec une surveillance renforcée pourrait suffire. Les résultats d’une étude comparable mais concernant les INR > 10 sont prochainement attendus.Ann Int Med 2009 ; 150 :293-300

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