Selon le rapport mondial sur le paludisme 2025, des progrès substantiels ont été réalisés, avec environ 2,3 milliards d'infections évitées et 14 millions de vies sauvées dans le monde depuis 2000. Ainsi, à compter de janvier 2025, 45 pays et 1 territoire ont été certifiés exempts de paludisme et 37 pays ont signalé moins de 1000 cas.
Cependant, ces progrès sont fragilisés par plusieurs menaces : La résistance du plasmodium aux médicaments, la résistance des anophèles aux insecticides, les réductions drastiques de l'aide internationale au développement mais aussi, pour nous autres biologistes, par l'échec des tests de diagnostic rapide que nous utilisons dans notre pratique quotidienne. 
En effet, Les TDR les plus utilisés actuellement pour le diagnostic du paludisme à Plasmodium falciparum, « l'espèce qui tue », reposent sur la détection de la protéine HRP2 (TDR-HRP2). Or, des enquêtes conduites dans 46 pays ont montré que certaines souches de P. falciparum ont perdu le gène pfhrp2 responsable de la synthèse de cette protéine, les rendant indétectables par les TDR-HRP2 et entraînant des résultats faussement négatifs. Les conséquences peuvent être graves : dans les pays de la Corne de l'Afrique, jusqu'à 80 % des cas de paludisme auraient ainsi échappé au diagnostic, avec des retards de traitement et des décès à la clé. Les trois nouveaux TDR ciblent une protéine parasitaire différente, la pLDH (Plasmodium lactate déshydrogénase), dont le parasite ne peut pas s'affranchir aussi facilement. Il s'agit des tests Biocredit Malaria Ag Pf/Pv pLDH, Biocredit Malaria Ag Pf pLDH/HRP2 et Biocredit Malaria Ag Pf pLDH. Ces TDR constituent une alternative fiable et de qualité assurée lorsque les TDR-HRP2 sont mis en échec par les délétions géniques. L'OMS recommande leur utilisation dans les pays où plus de 5 % des cas échappent au diagnostic en raison de ces délétions du gène pfhrp2.
En attendant leur disponibilité sur le marché du diagnostic, l'alternative est d'utiliser des techniques complémentaires telles que la biologie moléculaire ou des revues microscopiques de goutte épaisse ou de frottis sanguin, puisque la reconnaissance des acides nucléïques ou des hématozoäires ne sont pas impactées par ces mutations.


Ref : rapport de l'OMS 2025 sur le Paludisme

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