LABORATOIRE VIALLE : 9 sites en Haute Corse

Site de Lupino

Agréé Assistance Médicale à la Procréation
Immeuble Santa Maria
20600 Bastia
Tel : 04 95 30 17 40

Du lundi au vendredi
de 7h à 19h
Samedi de 7h à 12h,
service d’urgence jusqu’à 18h

Site St François


2 rue St François
20200 Bastia
Tel : 04 95 34 81 20

Du lundi au vendredi
de 7h à 19h
Samedi de 7h à 12h

Site de Casamozza

Immeuble Maria Paola
20290 Lucciana
Tel : 04 95 59 02 27

Du lundi au vendredi 
de 6h à 18h00
Samedi de 7h à 12h

Site Annonciade

Immeuble les Asphodèles Bat C
20200 Bastia
Tel : 04 95 34 41 63

Du lundi au vendredi
de 7h à 12h30 et de 14h30 à 18h00
Samedi   Fermé

Site de Toga

Chemin du Fort de Toga
20200 Ville de Pietrabugno
Tel : 04 95 34 94 10

Du lundi au vendredi
de 7h à 12h30
Samedi   Fermé

Site du Cap

Immeuble U Boscu d’Oru
20200 San Martino di Lota
Tel : 04 95 31 17 03

Du lundi au vendredi 
de 7h à 19h
Samedi de 7h à 12h

Site du Bastio

Résidence le Bastio II
20600 Furiani
Tel : 04 95 34 84 84


Du lundi au vendredi 
de 7h à 19h
Samedi de 7h à 12h

Site de St Florent

Résidence Tamaris
20217 Saint Florent
Tel : 04 95 37 18 99


Du lundi au vendredi
de 7h à 12h30 et de 14h30 à 18h
Samedi de 8h à 12h

Site de Borgo

Centre commercial Santa Devota
20290 Borgo
Tel : 04 95 38 31 58


Du lundi au vendredi
de 7h à 19h
Samedi de 7h à 12h

 

Les problèmes liées à l'"ancienne nouvelle" formulation du Lévothyrox ont créé un traumatisme et ont posé la question de la bioéquivalence entre les différentes formes galéniques d'un même médicament.
Cependant, la responsabilité de l'industrie pharmaceutique n'est pas toujours engagée comme le montre de façon éloquente une observation récente qui concerne un patient ayant une thyroïdite auto-immune en hypothyroïdie avec une résistance thérapeutique aux comprimés de lévothyroxine. Par ailleurs, il existait une hypertension artérielle, elle aussi réfractaire au traitement ainsi qu’une une thrombopénie.

Les auteurs, après avoir éliminé toutes les causes de persistance d'une élévation de la TSH sous traitement bien mené, ont formulé l’hypothèse d’une implication du phénomène de Multi Drug Resistance (MDR) connu de longue date en oncologie et pathologie infectieuse, impliquant la famille de certains transporteurs membranaires (ATP binding cassette).

L'expression de ABCG2/BCRP (initialement mis en évidence sur des lignées cellulaires de cancer du sein et de cancer du côlon avec résistance aux chimiothérapies) était augmentée au niveau des leucocytes du patient de manière significative par rapport à des volontaires sains. ABCG2/BCRP semble avoir un rôle de protection de la cellule en évitant l’accumulation de substances étrangères, médicaments et autres toxiques dans la cellule. 
Ainsi, par exemple, le placenta est normalement partiellement protégé par ce système. En parallèle, il était constaté une augmentation inhabituelle de l'efflux cellulaire de la daunomycine qui était inhibé par la fumitremorginc,un puissant inhibiteur du phénomène de MDR.

Les auteurs ont tenté de contourner le problème en modifiant la présentation du médicament. ils ont eu la surprise de constater que la résistance de la TSH à la lévothyroxine diminuait lorsque les comprimés étaient écrasés. 
Il en allait de même pour le traitement antihypertenseur.

Les auteurs posent l'hypothèse de la présence d'une augmentation de l'expression de ABCG2/BCRP au niveau de l'intestin du patient dont l'effet est plus faible avec des comprimés écrasés de lévothyroxine.

Ce cas semble anecdotique mais pourrait avoir quelques conséquences pratiques pour certains patients.

On a souvent des problèmes d'équilibrage de la TSH pour des raisons multiples et parfois très banales, par exemple d’observance thérapeutique, interférences médicamenteuses, alimentaires et bien d’autres choses qu'il faut d'abord éliminer avant d'envisager une telle hypothèse.

Écraser les comprimés de L-Thyroxine : Pourquoi pas ? Toutefois on pourrait aussi essayer dans ce cas de figure les formes liquides ou apparentées qui sont dorénavant multiples sur le marché.

On peut se poser la question de la raison pour laquelle le fait d'écraser les comprimés de Lévothyroxine améliore la situation en présence d'une hyperexpression d'un transporteur membranaire.

Y-a-t-il un substrat génétique ou s’agit-il d’un phénomène induit (auto-immunité, rôle du microbiote)? Tout ceci reste à élucider. La balle est dans le camp des pharmacologues.

Référence : Tomohiko Yoshida et coll. : A Case of Hashimoto’s Thyroiditis with Multiple Drug Resistance and High Expression of Efflux Transporters. J Clin Endocrinol Metab., 2020, 105 (2) doi: 10.1210/clinem/dgz073. 


Le lupus érythémateux systémique (LES) est une maladie auto-immune fréquente qui est parfois de diagnostic difficile. Cliniquement, les atteintes peuvent être cutanées, rénales, articulaires… Le diagnostic biologique est certes fortement orienté par la présence d’anticorps anti-nucléaires, notamment les anti-ADN natif ou les anti-Sm qui sont spécifiques de la maladie mais les autres anticorps anti-nucléaires sont moins sensibles et moins spécifiques. Leur présence est donc plus ou moins corrélée à la pathologie, ce sont des marqueurs potentiels de LES. Une équipe chinoise s’est attachée à rechercher de nouveaux candidats comme marqueurs du LES.

Cette étude a été conduite en 2 temps. dans un premier temps les sérums de 15 patients atteints de LES et de 5 volontaires sains ont été analysés à l'aide de puces protéomiques, ce qui a permis de sélectionner des autoantigènes réagissant avec le sérum des patients. Grâce aux analyses bioinformatiques, il a été possible de faire apparaître des spécificités et d’identifier ainsi de nouveaux autoanticorps candidats. Les résultats ont été ensuite vérifiés avec 107 échantillons provenant de patients atteints de LES, de 94 prélevés chez des volontaires sains et 60 chez des témoins malades.

Les chercheurs ont identifié 31 nouveaux auto-anticorps exprimés à des niveaux significativement plus élevés dans le groupe des patients atteints de LES par rapport aux volontaires sains. Parmi ces nouveaux marqueurs, 2 séries semblent donner des résultats encourageants :

-    Panel diagnostique comprenant des anticorps anti-RPLP2, anti-SNRPC et anti-PARP1 dont l’aire sous la courbe ROC est de 0,973 pour le diagnostic du LES,
-    Panel d’anticorps anti-RPLP2, anti-PARP1, anti-MAK16 et anti RPL7A (courbe ROC de 0,911).

Un test Elisa a validé l’importance de l’un de ces auto-anticorps nouvellement découverts, les anti-MAK16, auprès de 294 patients atteints de LES et 461 témoins.

Enfin, les chercheurs ont pu observer certaines corrélations entre les auto-anticorps identifiés et les caractéristiques cliniques des patients atteints de LES, telles qu’entre l'activité de la maladie et le niveau d'anti-PARP1, entre les éruptions cutanées et le niveau d'anti-RPLP2, d'anti-MAK16 et d'anti- RPL7A.

Les panels d'autoanticorps combinés identifiés sont prometteurs pour le diagnostic du LES et pour le diagnostic différentiel d'autres maladies auto-immunitaires rhumatismales. En attendant d’autres études pour valider ces nouveaux marqueurs, l’immunofluorescence indirecte sur cellules Hep-2 reste le mode de dépistage utilisé dans les laboratoires avec confirmation par les Ac anti-DNAnatifs et caractérisation par les Ac anti-Ena

Ref : Ling HZ et coll. : Discovery of new serum biomarker panels for systemic lupus erythematosus diagnosis. Rheumatology (Oxford). 2020 ; publication avancée en ligne le 3 janvier. doi: 10.1093/rheumatology/kez634. 
 


Lors de la découverte à l’échographie de certaines malformations ou anomalies du développement fœtal, l’identification d’une cause génétique permet de faire un diagnostic précis et une évaluation des risques pesant sur le fœtus, ainsi que sur les grossesses à venir du couple parental.

La technique historique pour la recherche d’une cause génétique est le caryotype qui peut montrer des anomalies quantitatives (aneuploïdies) ou qualitatives (translocations, délétions) des chromosomes. Elle a été complétée par une analyse chromosomique par puce à ADN (ACPA) qui identifie des anomalies chromosomiques de petite taille en perte ou en gain, les CNVs (copy number variants). Approximativement 32 % des fœtus ayant une anomalie structurelle, supposée d’origine génétique à l’échographie, ont un caryotype anormal et 6 % ont une anomalie de CNV causale. Pour plus de 60 % de ces grossesses il n’y a pas de diagnostic, et aucun élément pouvant orienter un conseil génétique.

Cette limite suggère le recours au séquençage de l’exome entier (WES : whole exome sequencing) chez les enfants atteints d’une pathologie présumée génétique. Cette technique explore l'ensemble des parties codantes du génome.

C'est à cette fin qu'a été menée une étude de cohorte prospective par l’Université de Columbia à New York. Elle a concerné des fœtus qui présentaient des anomalies structurelles, découvertes lors d’un examen échographique entre 11 et 35 SA, et les parents de ces fœtus. Toutes les anomalies structurelles fœtales (y compris la clarté nucale > 3,5 mm) ont été incluses. Ont été exclus les anomalies de cause infectieuse ou toxique, et les familles pour lesquelles une anomalie génétique était déjà connue.

Trois cent cinquante-neuf trios parents-fœtus étaient éligibles, 69 (13 %) avaient une anomalie génétique qui a été diagnostiquée lors du caryotype ou de l’ACPA. 234 (45 %) trios ont été inclus et ont bénéficié d’un séquençage de l’exome entier.
Chez 24 fœtus (10 %) le WES a permis de diagnostiquer une mutation génétique en association avec le phénotype, 15 mutations « de novo », 6 transmises sur un mode récessif et 3 transmises sur le mode autosomal dominant, non antérieurement diagnostiquées chez le parent.
Chez 46 fœtus (20 %) le WES a identifié des mutations qui étaient potentiellement pathogènes mais sans preuve suffisante pour confirmer un lien de causalité avec l’anomalie structurelle.

Le séquençage de l’exome entier (WES) des trios parents-fœtus permet de diagnostiquer de nouveaux variants, soit hérités soit apparus « de novo », et des variants antérieurement identifiés dans les bases de données comme probablement pathogènes. Le recours à cette technique permet donc d'augmenter sensiblement le diagnostic d’une cause génétique avec un résultat positif dans 25 à 35 % des cas où le caryotype et l’ACPA sont négatifs.
Toutefois l’analyse des données est complexe car les découvertes de mutations sans signification connue ou sans rapport avec les résultats échographiques posent d’importants problèmes éthiques. Mais l’enrichissement progressif des bases de données des polymorphismes humains est porteur de réels espoirs.

Réf: Petrovski S et coll. : Whole-exome sequencing in the evaluation of fetal structural anomalies: a prospective cohortstudy. Lancet 2019; 393: 758–67.

À l'ère des antiviraux à action directe (AAD) dirigés contre le virus de l'hépatite C (VHC), la majorité des personnes traitées pour une infection chronique à VHC sont quasiment « débarrassées » du virus, c'est-à-dire qu'elles obtiennent une réponse virale soutenue (RVS) dans plus de 90 % des cas d’infection par des virus de génotypes 1 à 7 et leurs sous types habituels. Les sous-types de VHC inhabituels en Europe sont, par contre, plus répandus en Afrique, mais on connaît mal leur sensibilité aux AAD. Ils incluent le génotype 1 non-1a/1b/non-sous-typable (G1) ou non 4a/4d (G4). 
Sur 91 patients africains nés dans 18 pays africains différents suivis entre 2010 et 2018 dans un hôpital londonien, 52 % étaient infectés par un sous-type inhabituel. Quatorze nouveaux sous-types, non encore désignés (G1*), ont été identifiés par séquençage de nouvelle génération. Trois malades étaient infectés par le même sous-type, désormais désigné sous-type 1p. Des séquences de référence étaient disponibles pour 22 patients ; 18/22 (82 %) avaient des substitutions de base associées à la résistance NS5A (appelées RAS). Une RVS globale a été obtenue pour 89 % des patients avec sous-types classiques (56/63), mais seulement chez 75 % (21/28) des patients avec des sous-types G1 inhabituels. Six échecs de traitement ont été constatés avec le sofosbuvir / ledipasvir et 1 échec avec un régime à base d'Inhibiteurs de protéases. La recherche de mutations de résistance (RAS) par séquençage a révélé des substitutions de base associées à la résistance NS5A dans 82 % des clones séquencés et pour 100 % des cas où le traitement a échoué. Le taux de RVS pour tous les autres génotypes et sous-types était de 35/35 (100 %).
D’autres publications récentes indiquent des taux de RVS autour de 50 % dans de petites cohortes américaines et européennes avec les génotypes 3b et 4r, pour lesquels des RAS NS5A ont été également identifiés.
Sachant la prévalence probablement élevée de ces variants dans certaines régions africaines et leur résistance aux AAD courants, il faudra déterminer les schémas thérapeutiques disponibles les plus efficaces contre ces sous-types contenant des RAS (bithérapie avec inhibiteurs de NS5A de 2ème ligne ou trithérapie avec anti-protéases de dernière génération).
Pour résumer, des taux d'échec plus élevés dans les cohortes africaines pourraient, à terme, compromettre l'élimination du VHC initialement envisagée pour 2030.

Ref : Childs K, Davis C, Cannon M et coll. : Suboptimal SVR Rates in African Patients with Atypical Genotype 1 Subtypes: Implications for Global Elimination of Hepatitis C. J Hepatol. 2019; 71(6) : 1099-1105. DOI: https://doi.org/10.1016/j.jhep.2019.07.025