Les hantavirus sont des virus à ARN enveloppés. Ceux qui sont responsables d'infections humaines ont pour vecteurs diverses espèces de rongeurs. Les manifestations cliniques de l'infection à hantavirus sont de deux types : le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), associé à l’espèce Andes observée en Amérique et la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), observée en Europe et en Asie. Si l’espèce Andes est connue depuis une trentaine d’années, de nombreuses inconnues persistent. Seulement une quinzaine d'études dédiées aux hantavirus enregistrées depuis 2020 sont identifiées dans le registre de l'OMS. L’une d’elles, publiée dans le NEJM en 2020, documente notamment la transmission interhumaine dans un foyer de 34 cas d’infection à hantavirus des Andes, dont 11 décès, survenu en Argentine entre novembre 2018 et février 2019. La transmission de l'animal à l'homme peut se faire par contact indirect étroit avec inhalation de virus aérosolisé à partir d'urines, déjections ou salives des rongeurs, plus rarement par contact direct (morsures, contact avec d'une surface souillée ou ingestion d'aliments souillés). Seul l'hantavirus andin est connu pour permettre une transmission interhumaine comme dans le cas qui fait l'actualité actuellement. 
Les cinq Français passagers du navire où a émergé un foyer d’infections à hantavirus des Andes et les 22 cas contacts, via des vols internationaux, d’une croisiériste infectée (et décédée depuis) sont désormais tous isolés dans l’un des 18 établissements de santé de référence (ESR) pour le risque épidémique et biologique (REB) du territoire. Parmi eux, une passagère du navire, testée positive, est hospitalisée en soins intensifs à l’hôpital Bichat (AP-HP) car elle souffre de la forme la plus sévère de l’infection à hantavirus des Andes.
Les connaissances actuelles permettent d’établir une période d’incubation « longue », de deux à trois semaines en moyenne, et jusqu’à six semaines maximum. Les personnes infectées pourraient être contagieuses dans les 48 heures précédant l’apparition des symptômes.
Sur le plan clinique, les signes sont anodins en phase prodromique (fatigue, notamment). Après deux ou trois jours, une  fièvre intense se déclare, puis  une atteinte respiratoire avec l’espèce Andes. La dégradation des patients peut être alors rapide avec une létalité estimée de l’ordre de 40 % sans facteur de risque d'aggravation connu.
La confirmation diagnostique est biologique avec 2 types d'examens :
- Direct : La RT-PCR permet la détection du matériel génétique viral  sur des prélèvements précoces de sérum ou de plasma (voir salive, LBA ou biopsie d'organes) par technique moléculaire effectuée au CNR des Hantavirus à l'Institut Pasteur. Dans le contexte d’alerte 2026, le COREB mentionne aussi la RT-PCR dans les prélèvements à adresser selon circuit spécialisé, notamment pour une suspicion de virus Andes ou une situation nécessitant une expertise. Des précautions doivent bien sûr être prises tant au niveau de l'isolement du patient que de la protection des préleveurs et personnel de laboratoire (LSB3, prélèvements et leur transport relevant d’une organisation spécifique, avec coordination entre les équipes cliniques, le CNR, l’ARS ou d’autres structures compétentes selon la situation). Il s'agit de l'examen princeps pour le diagnstic.
- Indirect : La sérologie permet de rechercher les anticorps IgM et IgG. Pour les hantavirus, le CNR indique que la confirmation d’une infection actuelle ou récente repose sur la détection d’IgM et d’IgG anti-hantavirus dans le sérum ou le plasma. Les IgM  peuvent orienter vers une infection récente et es IgG peuvent témoigner d’un contact immunitaire plus ancien ou accompagner une infection récente selon le moment du prélèvement et l’évolution des résultats. Cette distinction ne doit pas être appliquée de façon mécanique et la détection seule d’IgM anti-hantavirus peut être non spécifique. Un résultat IgM positif isolé ne doit donc pas être présenté comme un diagnostic certain. La sérologie n'est interessante qu'en cas de discordance entre la clinique et la PCR ou en cas diagnostic tardif par rapport à la clinique.
A noter qu'aucune thérapie spécifique n’existe. La prise en charge du syndrome pulmonaire reste symptomatique : oxygénation et stabilisation de la pression artérielle.
Même si les premiers cas et leur évolution ont pu inquiéter, notamment du fait du traumatisme récent liée à la pandémie de coronavirus, les autorités sanitaires indiquent que les mesures mises en œuvre ont permis de casser toute chaîne de transmission sur le territoire. l’OMS et l’ECDC considèrent actuellement que le risque est faible pour la population générale et modéré pour les croisiéristes concernés. 
Enfin, lors de cette réunion, le ministère a rappelé qu’il n’existe à ce jour aucune recommandation particulière pour les professionnels de santé de ville, notamment concernant le port du masque ou des mesures spécifiques de dépistage en population générale. L'actualité récente est d'ailleurs rassurante et les projecteurs sont désormais braqués sur l'Afrique et l'épidémie à Ebola virus.


Ref : Réunion des 13 et 15/05 (Ministère de la santé, DGS, COREB) et fiche Hantavirus du COREB.