Les jours se suivent et se ressemblent tristement dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), où sévit une épidémie de fièvre à virus Ebola depuis trois mois. Tandis que le nombre de morts et de contaminations continue de grimper, les instances sanitaires sont obligées de constater leur incapacité à juguler cette épidémie qui progresse à une vitesse foudroyante. L’épidémie actuelle (La 17e épidémie en RDC, déclarée officiellement le 15 mai, est causée par le virus Bundibugyo pour lequel il n'existe ni vaccin, ni traitement) est désormais la plus meurtrière de l’histoire de la RDC devant celle de 2018-2020 qui avait causé la mort de 2 280 personnes). 
Lors d'une d’une réunion du comité d’urgence de l’OMS il a été confirmé que l’épidémie de la maladie à virus Bundibugyo en RDC constituait une urgence de santé publique de portée internationale. Depuis lors, l’épidémie s’est propagée rapidement. Près de 5 000 personnes ont désormais été infectées et plus de 2 300 sont mortes, dans six provinces et 55 zones sanitaires. Bien qu’aucun cas de virus Ebola n’ait été recensé hors de RDC depuis le 16 juin dernier, l’agence onusienne continue de considérer que « le risque d’une propagation internationale du virus reste élevé », particulièrement pour les pays frontaliers de la RDC. Les cas confirmés se trouvent désormais à seulement 35 kilomètres de la frontière avec le Soudan du Sud. Si on reste loin du terrible bilan de l’épidémie survenue en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016 (plus de 11 000 morts), l’épidémie actuelle est en revanche bien plus rapide : en trois mois, elle a contaminé sept fois plus de patients et tué cinq fois plus d’individus que l’épidémie ouest-africaine sur la même période et la plus rapide de toute l’histoire africaine.
Le foyer de la crise, dont l'ampleur réelle est encore difficile à mesurer et qui pourrait durer plusieurs mois, se situe en Ituri, province du nord-est congolais frontalière du Soudan du sud et de l'Ouganda. La province concentre 89,1 % des cas et 83,9 % des décès, selon l'OMS. 
Dans cette région pauvre et en proie à des conflits, le traçage des cas contacts demande d'énormes moyens. Dans une des régions les plus pauvres et instables de la planète (des affrontements entre des groupes rebelles et les forces armées ont régulièrement lieu), organiser une réponse adaptée à l’épidémie est donc extrêmement difficile.
Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique, a tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années. 
Une partie des malades sont enterrés sans protection par leurs familles dans les zones rurales, accélérant la contamination. D'après l'OMS, un seul décès a pu générer jusqu'à 17 cas de transmission au cours de l'épidémie actuelle. Face à l'urgence, les volontaires locaux chargés du suivi des cas contacts et de l'enterrement des malades sont souvent formés à la hâte et particulièrement exposés au virus. 
Un essai clinique portant sur deux traitements contre cette souche rare a commencé début juillet, selon l'OMS, qui a également accordé une autorisation d'utilisation d'urgence au premier test de diagnostic moléculaire du virus. La semaine dernière, l'OMS a aussi annoncé le premier essai de sécurité du vaccin ChAdOx1, sous la direction de l'université d'Oxford (Royaume-Uni)
Ref : communiqué OMS 20/08/26

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