Après la recherche de PFAS dans plus de 1 200 échantillons d’eau brute ou distribuée, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail met en évidence une dissémination généralisée du TFA (acide trifluoroacétique), dont la toxicité est en cours d’évaluation. Les niveaux de concentration restent cependant inférieurs aux seuils sanitaires.
C’est une nouvelle alerte sur la dissémination des PFAS (per- et polyfluoroalkylées), un ensemble de plusieurs milliers de substances souvent qualifiées de « polluants éternels » du fait de leur dégradation très lente. Dans un rapport publié ce 3 décembre, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) révèle que 92,2 % des 1200 échantillons d’eau analysés, qu’elle soit brute (avant traitement) ou distribuée (eau du robinet), contenaient du TFA (acide trifluoroacétique). La nocivité de cette substance, suspectée d’être toxique pour le foie et la fertilité, est en cours d’évaluation au niveau européen.
Le fait marquant du rapport de l’Anses est donc la dissémination généralisée du TFA dans l’eau. Des résultats qui confortent ceux déjà obtenus par des chercheurs ou des associations de défense de l'environnement, en France et dans d'autres pays. Selon un rapport du Réseau européen d'action sur les pesticides (PAN Europe) de mai 2024, sur 23 échantillons d'eau de surface et six échantillons d'eau souterraine provenant de dix pays de l'UE, tous contenaient du TFA, avec des concentrations allant de 370 ng/l à 3 300 ng/l.
Dans les relevés de l’Anses, la concentration en TFA était en médiane de 810 ng/L, mais a pu atteindre jusqu'à 25 000 ng/L en aval d’un site industriel. Pour rappel, la valeur sanitaire indicative, retenue par la Direction générale de la santé (DGS), en l'absence de réglementation, est de 60 000 Ng/L. Lors d’une présentation des résultats à la presse, un responsable de l'ANSES a déclaré qu'en l’état actuel des connaissances, ces résultats n’entraînent pas d’alerte quant à un risque sanitaire,.
Alors que les PFAS sont plus souvent retrouvés dans les eaux souterraines que dans les eaux de surface, ce n’est pas le cas du TFA, issu de la dégradation de multiples PFAS et disséminé partout en raison des retombées atmosphériques. Celles-ci vont impacter directement et rapidement les eaux de surface, que ce soit les cours d'eau ou les plans d'eau, et vont donc entraîner une présence généralisée de ces TFA.
L’Anses, qui préconisait dans une expertise d’octobre 2025 d’étendre la surveillance des PFAS, renouvelle sa recommandation d’ajouter à la liste européenne des 20 PFAS à suivre dans l’eau distribuée cinq autres substances, dont le TFA. Cette surveillance répond à des enjeux de santé publique expliquait la coordinatrice du groupe de travail sur les PFAS à l’Anses. Il a une forte occurrence essentiellement dans l'eau et en plus certaines études ont révélé qu'il se retrouvait également dans le sang humain.
Ref:  Quotidien du médecin 10/12/25

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