Le cancer de l’ovaire est de diagnostic difficile, particulièrement chez la femme en préménopause. Les symptômes sont peu évocateurs, la prévalence est faible et les marqueurs tumoraux et l’imagerie sont peu spécifiques : le CA-125 peut être modérément élevé lors de pathologies bénignes et des kystes physiologiques sont fréquents à l’échographie. Chez de nombreuses patientes le diagnostic est encore posé à un stade avancé, parfois après une admission en urgence, et le taux de survie est alors faible. L'amélioration du dépistage passe par une approche collaborative (gynécologues, biologie, imagerie, bio-informatique) afin de disposer de tests fiables dont la combinaison permettra de gagner en sensibilité et spécificité.
L’utilisation de l’indice RMI1 (Risk of Malignity Index) est recommandée par le NICE (National Institute for Health and Care Excellence) pour décider de l’orientation vers des centres de référence. Cependant, il a une sensibilité limitée. De son côté, l’échographie est peu standardisée et de nombreux examens et interventions chirurgicales sont réalisées inutilement. Plusieurs modèles alternatifs sont préconisés par diverses sociétés savantes (indices ROMA, IOTA ADNEX, O-RADS, etc.), mais il n’existe pas de comparaison directe entre eux dans des populations à faible prévalence et en conditions de pratique réelle. 
C’est pourquoi une nouvelle étude a été menée, afin d’identifier le meilleur test de triage chez des femmes en préménopause, adressées en consultation spécialisée avec des symptômes et un CA-125 ou une échographie anormaux. Il s’agit d’une étude prospective multicentrique incluant 1 211 femmes. Plusieurs outils étaient comparés  : le score RMI1 (seuils 200 et 250), le score ROMA (qui associe CA 125, HE4 et statut ménopausique), le CA 125 seul, les modèles échographiques IOTA. Le diagnostic de référence reposait sur l’histologie ou un suivi à 12 mois.
Dans cette cohorte, la prévalence du cancer de l’ovaire est faible (5,7 % dans la cohorte en per protocole). Seulement 1 % des femmes adressées pour un avis urgent pour suspicion de cancer de l’ovaire sont âgées de moins de 40 ans au moment du diagnostic, ce qui illustre à la fois la nécessité de réduire le risque de faux négatif (sensibilité), mais aussi d’éviter les examens complémentaires et la chirurgie, conséquences d’un faux positif (spécificité). La nécessité de préserver la fertilité et les fonctions ovariennes est elle aussi un argument de poids : dans cette cohorte, 90 femmes (7,4 %) souhaitaient une grossesse et seulement 345 (33 %) utilisaient une contraception.
Les données montrent que le test standard (RMI1), au seuil de 250 (test de référence actuel), a une faible sensibilité (42,6 %) malgré une bonne spécificité (96,5 %). Tous les autres indices évalués ont une sensibilité plus élevée, mais une spécificité inférieure. 
Le modèle échographique IOTA ADNEX au seuil de 10 % obtient les meilleures performances globales et semble représenter un compromis efficace, avec une sensibilité de 89 % et une spécificité de 75 %. Ce modèle utilise un algorithme mathématique avec neuf paramètres (âge de la patiente, caractéristiques échographiques de la tumeur, CA-125, etc.) pour différencier trois types de tumeurs (bénigne, à la limite de la malignité et maligne).
Pour les auteurs, ce modèle devrait être adopté comme nouveau standard en soins secondaires dans la population de femmes préménopausées. Ils reconnaissent que sa mise en œuvre nécessite la formation des professionnels et le contrôle de la qualité des échographies. 


Ref : Sundar S, Agarwal R, Scandrett K, et al ; ROCkeTS collaborators. Diagnostic tests for ovarian cancer in premenopausal women with non-specific symptoms (ROCkeTS): prospective, multicentre, cohort study. BMJ. 2026 Jan 28;392:e083912. doi: 10.1136/bmj-2024-083912