L’exploration de l’allergie alimentaire est souvent problématique du fait de la difficulté qu’il y a à identifier par l’interrogatoire, les tests cliniques et paracliniques, les allergènes responsables de troubles souvent peu spécifiques. Cependant, il était généralement admis que la nature de ces allergènes était protéique, ce qui restreignait le champ d’investigation. En effet si des glucides présents dans de nombreux végétaux pouvaient provoquer une réponse IgE, leur impact clinique était non démontré. Ceci jusqu’à une étude récente qui suggère que des Ac spécifiques du galactose-alpha-1,3 galactose (alpha-gal) sont capables de provoquer des réactions sérieuses, voire même fatales.Or l’alpha-gal est présent dans les tissus des mammifères non primates et donc dans la viande. Une étude américaine a donc recherché des IgE spécifiques de l’alpha-gal dans le serum de 243 adultes vus en consultation d’allergologie. Un taux positif (> 1,0 mU/mL) a été trouvé chez 24 d’entre eux.L’interrogatoire a retrouvé des antécédents de réaction après consommation de viande rouge chez tous ces patients. Ils avaient tous la même histoire clinique avec des épisodes d’urticaire, d'angiooedème voire de choc anaphylactique survenant de 3 à 6 heures après consommation de viande rouge (bœuf, agneau ou porc). En complément ont été pratiqués des tests cutanés (prick-test + IDR si papule < 4 mm de diamètre) et sanguins avec dosage d’IgE dirigés contre les trophallergènes et les pneumallergènes usuels.La réactivité des prick-tests s’est révélée faible, celle des IDR réalisés à partir d’une préparation de viande nettement supérieure. Le dosage sanguin retrouvait des IgE spécifiques vis-à-vis du bœuf, du porc, de l’agneau, du lait de vache, du chat et du chien mais pas de la dinde, du poulet ou du poisson. Ce profil de sensibilisation colle parfaitement à la présence d’ alpha-gal dans les aliments « positifs ».La sous-estimation de l’importance des glucides dans la survenue d’allergie alimentaire pourrait dans un avenir proche modifier la stratégie diagnostique et thérapeutique actuelle.J Allergy Clin Immunol 2009 ; 123 (2) : 426-33