Il n´est pas rare que l´on découvre une hyperprolactinémie sans qu´il y ait réellement de symptômes liés à cette hyperprolactinémie, laissant penser que la prolactine qui est dosée n´est pas bioactive. En fait, cette pseudo-hyperprolactinémie (appelée aussi « macroprolactinémie ») est reconnue par certains dosages et peut conduire à des investigations ou à des traitements inadaptés… alors qu´il s´agit simplement d´une « erreur » de dosage. On savait que cette macroprolactinémie correspondait à un complexe de plusieurs molécules de prolactine ou à un complexe de molécules de prolactine et d´immunoglobuline du sujet. Une équipe irlandaise, dans un travail publié dans Clinical Endocrinology, confirme que dans la grande majorité des cas, quand on trouve cette pseudo-hyperprolactinémie, c´est parce que le sérum de ces sujets contient des complexes d´une ou plusieurs molécules de PRL avec une immunoglobuline G et/ou des fragments d´IgG. Cela augmente le poids moléculaire de la PRL et en ralentit l´élimination, ce qui explique l´élévation de la PRL dans le sang.
Les auteurs se sont ensuite interrogés sur le lien entre cette pseudo-hyperprolactinémie et des stigmates d´autoimmunité. Pour cela ils ont recherché dans le sérum des patients ayant une macroprolactinémie, des anticorps antithyroïdiens, des anticorps anti-nucléaires ou des modifications de la CRP, des cellules BCD5+ ou des cytokines : aucune différence n´a été trouvée entre des sérums de patients ayant une hyperprolactinémie sans l´artéfact de dosage et des sérums de sujets normaux.
La macroprolactine est donc bien une molécule d´IgG complexée avec une molécule de prolactine ce qui augmente la demi-vie de la prolactine dans le sérum sans pour autant, modifier sa bioactivité. Sa survenue ne semble pas associée à une pathologie autoimmune.
Source : Kavanagh-Whright L et al. Characterization of macroprolactin and assessment of markers of autoimmunity in macroprolactinaemic patients. Clin Endocrinol 2009 ; 70 : 599-605.
