La visualisation à l’occasion d’un examen microscopique d’immunofluorescence indirecte d’une fluorescence dont l’aspect change selon la phase du cycle cellulaire est un phénomène rare pouvant déconcerter un opérateur inexpérimenté. En interphase, la fluorescence nucléaire sera très variable, d’absente à forte avec un aspect granulaire diffus et des nucléoles négatifs. Cette fluorescence sera granulaire te constante en métaphase, suivant le fuseau mitotique, puis diffuse en anaphase (avec un renforcement équatorial) et régressera en télophase, seulement visible au niveau du pont de division.
Cette fluorescence complexe est en fait caractéristique d’Ac anti-nucléaire de type anti-MSA3 (Mitotic Spindle Apparatus) ou CENP-F (CENtromère Protein de type F). La synthèse et localisation de la protéine cible varie en fonction du cycle cellulaire, en particulier lors de la mitose puisqu’elle joue un rôle dans la maturation et la fonction du kinétochore, l’alignement puis le séparation des chromosomes, la stabilisation du fuseau et la cytokinèse.
De sa fonction lors du cycle cellulaire, on peut déduire qu’elle représente un bon marqueur de prolifération cellulaire. Ces auto-Ac vont être habituellement associés à diverses néoplasies : tumeurs solides (cancers du sein et du poumon le plus souvent) ou hématologiques (LNH, lymphomes B de la zone marginale, MALT). Leur découverte fortuite dans le cadre d’une recherche d’affections auto-immunes doit faire envisager la présence d’un cancer sous-jacent (les troubles auto-immuns rentrant souvent dans le cadre d’un syndrome paranéoplasique). En cas de confirmation, leur persistance sous traitement est un facteur de mauvais pronostic.
Indépendamment des causes néoplasiques, ils peuvent également être retrouvés (mais à des titres généralement faibles) à l’occasion d’hépatites chroniques virales ou auto-immunes, lors de maladies de Crohn ou de rejet de greffe.
