L’Association française d’urologie (AFU) publie des règles diététiques destinées à prévenir les récidives de lithiases urinaires.
Les coliques néphrétiques sont fréquentes, représentant 1 % des urgences hospitalières, et 10% des Français souffrent, ont souffert ou souffriront un jour de lithiase urinaire. Dans 60% des cas ces lithiases sont récidivantes ! Elles constituent aussi un enjeu financier : on a estimé à 10 milliards de dollars les coûts directs et indirects pour la prise en charge des lithiases urinaires aux Etats-Unis.
Or, comme le rappelle l’Association française d’urologie (AFU), la courbe des lithiases urinaires évolue de façon parallèle au PIB d'un pays, signifiant par là que l’évolution de cette maladie est essentiellement due aux modifications de nos modes de vie, et en premier lieu à l'alimentation. "Au début du siècle dernier, dans les années 1900/1920 la prévalence des calculs et le type de calculs n'étaient pas les mêmes, explique le Pr Olivier Traxer, urologue à l'hôpital Tenon et membre du comité lithiase de l'AFU. On trouvait surtout des urates et des phosphates ; aujourd'hui les trois quarts des calculs urinaires sont formés d'oxalate de calcium."
Dans ce contexte, les urologues ont décidé de publier des recommandations alimentaires pour la prévention des récidives de lithiases urinaires.
Une hydratation adaptée
La première règle est une hydratation suffisante, de façon à excréter 2 litres par jour. Le type d’eau sera à choisir en fonction du type de calcul : calcique, oxalique et urique. Les eaux pétillantes bicarbonatées, type Vichy, sont bénéfiques en prévention des calculs uriques. Le magnésium étant un inhibiteur de la formation des cristaux, les eaux magnésiennes peuvent aussi être utilisées bien qu’il n’existe aucune recommandation officielle. Les eaux calciques (Vittel, Perrier, Badoit, Salvetat, Courmayeur, Contrexéville, Hépar….) sont indiquées pour les personnes qui consomment peu de produits laitiers. La recommandation pour les patients souffrant de lithiase est de 800 à 1000 mg de calcium par jour. Le thé, riche en oxalate (qui se combine au calcium dans les calculs rénaux), la bière (riche en acide urique) et le vin blanc, sont à éviter.
Les experts conseillent aux patients lithiasiques un verre de jus d’orange tous les matins, car il apporte à la fois de l'eau, du citrate qui comme le magnésium empêche la cristallisation, de la vitamine C, et diminue l'acidité des urines.
Attention aux viandes, charcuteries, sel, sucres rapides…
Les urologues préconisent, en outre, de limiter la quantité de protéines animales (viande, poisson, oeuf..) qui augmente l'excrétion urinaire du calcium, et acidifie les urines. "En pratique 150 grammes quotidiens suffisent dans le cadre d'un régime équilibré", précisent-ils, soit un seul repas carné par jour. Il faudra aussi limiter le cacao et le chocolat noir, riches en oxalate. On en trouve aussi, mais dans des quantités moindres, dans les épinards, les blettes, l'oseille, le brocoli, les cacahuètes, les amandes, noix et noisettes, la rhubarbe, le poivre, la betterave, la patate douce, certaines baies rouges….
Le sel alimentaire devra aussi est réduit car il favorise l'excrétion de calcium dans les urines et donc la formation de cristaux d'oxalate de calcium. "Six à sept grammes par jour suffisent", conseille l’AFU. Prudence également avec les charcuteries qui apportent bien souvent, outre des protéines animales, de fortes quantités de sel, ainsi que des "bases puriques" qui favorisent la survenue de cristaux d'urate de sodium.
L'insuline diminuant la réabsorption tubulaire du calcium, les patients lithiasiques devront donc veiller à restreindre leur consommation de sodas, alcool et sucres rapides, de même que celle de plats préparés, souvent riches en fructose industriel. Enfin, la consommation d’aliments riches en potassium (banane, pomme de terre, avocat, concombre, tomate, abricot, poivron, pruneau, persil, jus d'agrume, et eau de Vichy) sera encouragée car cet élément réduit l'excrétion de calcium dans les urines.
Source : Association française d’urologie. 7 décembre 2015 http://urofrance.org/fileadmin/documents/data/FI/2010/FI-2010-00040001-5/TEXF-FI-2010-00040001-5.PDF
