La généralisation des traitements anti-rétroviraux en Occident a conduit à une diminution spectaculaire des contaminations. Des mesures spécifiques sont prévues chez les femmes enceintes. Elles comprennent le dépistage systématique prénatal, la généralisation du traitement antirétroviral (TAR) des femmes enceintes positives et la prophylaxie chez les nourrissons en fonction de la charge virale de la mère, la césarienne en cas de charge virale ARN VIH-1 élevée et le remplacement de l’alimentation au sein par une formule de lait artificiel.
Selon les cas, les nouveau-nés sont classés en nourrissons à faible risque de contamination (mère suivie, traitée et < 50 copies/ml) ou à risque élevé si la mère n’a pas été traitée ou insuffisamment, n’a reçu un traitement antirétroviral qu’au moment de l’accouchement, a un taux détectable d’ARN viral en fin de gestation, a été contaminée pendant la grossesse.
Pour les nouveau-nés à faible risque, la recommandation est l’administration d’AZT per os pendant 4 semaines. Les enfants à haut risque reçoivent une bi ou une trithérapie antirétrovirale durant 6 semaines
Une étude rétrospective récente effectuée à l’hôpital pédiatrique de Washington DC en 2013-2017 a analysé une cohorte de paires mères/enfants exposés au VIH. Les enfants ont été suivis de la naissance à 18 mois avec les tests virologiques.
En tout, 551 enfants exposés et leurs 542 mères ont été inclus dans l’analyse. La charge virale avant l’accouchement était ≤ 1 000 copies/ml chez 81,9 % des mères.
La très grande majorité des mères (95,5 %) avait reçu un traitement antirétroviral avant l’accouchement; La plupart des enfants exposés ont été classés à bas risque (n = 455, 82,6 %) et 96 (17,4 %) à haut risque.
Le nombre total des césariennes a été de 323 (58,6 %); De la zidovudine a été administrée intra-partum dans 361 cas (65,5 %), 62,9 % des cas à bas risque, 78,1 % à haut risque (P=0,0001). Les enfants ont reçu de la zidovudine prophylactique seule dans 472 cas (85,7 %) : 96,5 % de ceux à bas risque, 34,4 % de ceux à haut risque, ou pour ces derniers une bi ou une trithérapie dans 62,5 % des cas.
En définitive, 9 enfants à haut risque ont contracté le VIH, soit moins de 1% de la totalité de la cohorte.
En conclusion, dans une aire de forte prévalence du VIH, une proportion importante d’enfants à bas risque a reçu de la zidovudine intra-partum et sont nés par césarienne. Plusieurs enfants ont néanmoins échappé à la prévention de la transmission materno-fœtale, ce qui suppose d'être encore plus rigoureux sur le respect des guidelines.
Ref : Koay W Li. A et al. Prevention of perinatal HIV transmission in an area of high HIV prevalence in the United States. J Pediatr., 2021;228:101-109. doi: 10.1016/j.jpeds.2020.09.041.
