Chaque année les traumatismes crâniens concernent plus de 100 00 personnes, essentiellement à la suite de chutes ou d’accidents de la voie publique. Dans 90 % des cas, ils sont considérés comme légers d’après l’interrogatoire et l’examen clinique. Pour autant, léger ne signifie pas bénin car l’appréciation du choc ne reflète pas forcément les risques d’hémorragie cérébrale et de déficit sévère. Au regard de sa fréquence et des conséquences potentiellement graves, il constitue un enjeu de santé publique car le recours au scanner cérébral est la règle. Pourtant il ne révèle des lésions significatives que dans moins de 10% des cas, reste coûteux et délivre des doses de radiation 100 fois supérieures à celles d’une radiographie. Jusqu’à présent la biologie était exclue du cadre diagnostique et surtout pronostique du traumatisme crânien.La situation va peut-être évoluer avec le dosage sanguin de la protéine S100-Béta. Elle est synthétisée par les cellules gliales cérébrales et retrouvée à de très faibles taux dans le LCR et dans le sang. En revanche, une souffrance cérébrale aiguë, à la suite d’une hémorragie méningée ou d’un traumatisme crânien, conduit à une augmentation importante de sa concentration.Une étude initiée en 2002 avait permis de valider un dosage par électrochimiluminescence. La première étude prospective a été menée en France chez des patients se présentant pour traumatisme crânien aux urgences des CHU de Marseille et Clermont Ferrand. Menée sur 105 patients, elle a confirmé les résultats de l’étude allemande, à savoir qu’un taux inférieur à 0,10 ug/l dans les 3 h suivant le traumatisme permet d’exclure une atteinte cérébrale grave et d’éviter la réalisation d’un scanner. Une méta-analyse de 12 études parues en 2010 confirme une valeur prédictive négative supérieure à 99% au seuil d’exclusion de 0,10 ug /l. Enfin une étude bordelaise récente ayant associé dosage de la protéine S-100 et du scanner cérébral a montré que sur les 292 patients ayant eu un dosage négatif, un seul avait un scanner positif (mais sans conséquences cliniques).L’intérêt de cette protéine comme marqueur de tri aux urgences se confirme donc, avec une valeur d’exclusion à 0,10 qui pourra également être réévaluée, en particulier chez les enfants pour lesquels un seuil décisionnel plus élevé est souhaitable.Biologiste Infos – Octobre 2011