L’évaluation des résultats de la vaccination anti-HPV est parfois difficile à évaluer du fait du caractère récent de cette vaccination et des modalités diverses des vaccins utilisés, des campagnes de vaccination et des études d’impact réalisées.A cet égard, une équipe de Melbourne a publié récemment un travail exemplaire concernant les résultats à 3 ans (début de la vaccination systématique en milieu scolaire en 2007) sur l’incidence des lésions précancéreuses du col.Le registre VCCR recueille les données des FCV réalisés dans la ville de Victoria comprenant une population de 2.7 M de femmes et jeunes filles. Le programme vaccinal cible les jeunes filles de 12-13 ans avec 2 rattrapages, entre 13 et 17 puis 18 à 26 ans et utilise le vaccin quadrivalent avec 3 injections. La couverture vaccinale était estimée à 70% à 14-15 ans. Alors qu’en France le dépistage par FCV commence à 18 ans avec un intervalle de 3 ans entre les frottis en cas de résultat normal, le dépistage est plus précoce et plus resserré en Australie (intervalle de 2 ans). Une lésion de bas grade est recontrôlée à 1 an alors qu’une lésion de haut grade est explorée d’emblée par colposcopie.Comme l’effet direct sur des lésions cancéreuses in situ ou invasives ne pourra être exploré que d’ici plusieurs décennies, les chercheurs se sont focalisés sur les lésions précancéreuses dont l’incidence a été mesurée sur la période pré-vaccinale (2003-2006) et post-vaccinale « immédiate » (2006-2009) et ce dans 5 tranches d’âge (30).Les résultats sont parlants puisque le taux de lésions de haut grade CIN 2-3 a diminué de 38% chez les jeunes femmes de moins de 18 ans. Par contre cette diminution n’est pas retrouvée dans les tranches d’âge supérieures ni pour les lésions de bas grade. Ces résultats confirment l’intérêt de vacciner précocement les jeunes filles, si possible avant leur premier rapport sexuel. L’absence d’impact sur les lésions de bas-grade n’étonne pas les auteurs dans la mesure ou l’association aux sous-types 16 et 18 ciblés par la vaccination est beaucoup plus forte avec les lésions de haut grade que de bas grade (qui peuvent être induites par 40 sous-types d’HPV, non ciblés par le vaccin). Ces premiers résultats sont encourageants et suggèrent qu’il faut généraliser la vaccination sans attendre la diminution de l’incidence des lésions cancéreuses d’une part, et que d’autre part il est probablement possible de différer l’âge du premier FCV chez les femmes vaccinées précocément. .Lancet 2011 ; 377 : 2085-92