L’infection à CMV neo-natale est la plus fréquente des infections congénitales. Son incidence est importanteet ses conséquences peuvent être dramatiques car 10 à 20% des transmissions materno-fœtales ont des conséquences morbides à la naissance avec possibilité de séquelles tardives durables, en particulier auditives dans 15% des cas. Actuellement, l’absence de dépistage néonatal systématique retarde notablement l’âge de diagnostic des surdités alors que l’âge de prise en charge est capitale pour le développement de la communication orale. Actuellement les méthodes de référence sont des méthodes de culture cellulaire pour mettre en évidence l’effet cytopathogène du CMV à partir de différents milieux (urines et salive essentiellement), réservées à des laboratoires spécialisés et ne se prêtant pas à un dépistage de masse. La généralisation des techniques de PCR dans d’autres applications (HIV, hépatites) et en particulier de la PCR en temps réel (avec mesure continue de la cinétique réactionnelle d’amplification) qui est facilement automatisable, a incité l’équipe de S. B Boppana a la tester dans cette indication. Une étude à grande échelle incluant 34989 nouveaux-nés a comparé les résultats obtenus avec la PCR sur prélèvements de liquide salivaire ou de salive séchée et la culture cellulaire.Les résultats ont été très probants puisque la spécificité et la sensibilité de la PCR sur milieux salivaires ont été de 100% et de 99,9% avec des valeurs prédictives positive et négative de 91,4% et 100%. Sur salive séchée les résultats sont presque aussi bons (Ss = 97%, Sp = 99%, VPP = 90%, VPN = 99%).Ces résultats ouvrent des perspectives très prometteuses car elles rendent possible le dépistage de masse de l’infection à CMV systématique, ou éventuellement orienté grâce à la réalisation de sérologies CMV chez la femme enceinte.NEJM 2011 ; 364 : 2111-8