Devant l’importance croissante de l’AMP en France (plus de 130 000 tentatives en 2009), la loi de Bioéthique de 2004 a confié à l’Agence de BioMédecine la mission de mettre en place un dispositif d’AMPvigilance afin de surveiller les incidents relatifs aux gamètes, embryons et tissus germinaux utilisés à des fins d’AMP ou de préservation de la fertilité. Après une phase test en 2007, ce dispositif est pleinement opérationnel grâce à la coopération des centres cliniques et biologiques d’AMP ayant désigné en leur sein un responsable. Il faut déclarer les évènements indésirables et les incidents qui les occasionnent. Ils peuvent être de nature et de gravité variable, pouvant affecter la santé des personnes, entraîner une perte de chance, ou même rester sans conséquence mais constituer un risque potentiel.Les résultats enregistrés entre 2007 et 2010 montrent une participation croissante, 81% des centres cliniques ayant déjà signalés un effet indésirable. La proportion des laboratoires d’IAC est beaucoup plus faible(5%) mais les risques de morbidité sont également beaucoup plus réduits. Ce sont principalement les cas graves qui ont été signalés (78%). Leur typologie reflètent la diversité des situations rencontrées :=>15% étaient consécutives à une perte de gamètes ou d’embryons : maladresse, problème de conservation ou de transport…)=> 18% relevaient d’une complication lors d’un acte d’AMP : complications opératoires, IST…=> Plus de 50% des cas étaient consécutifs à des problèmes de stimulation (hyperstimulation et accidents thrombo-emboliques artériels ou veineux profonds).2 cas ont conduits à des décès dans des circonstances particulières (dissection aortique chez des jeunes femmes porteuses d’un syndrome de Turner enceintes après un don d’ovocytes. Des recommandations de prévention ont été mises en place dans le cadre de la prise en charge de ces patientes.Des problèmes d’attribution incorrecte des gamètes ont également été rapportés (12 erreurs d’attribution, 8 erreurs d’étiquetage et 3 cas d’usurpation d’identité) qui doivent conduire à un renforcement des procédures d’identitovigilance dans les centres concernés.En conclusion, il apparaît que ce nouveau dispositif de vigilance est en train de monter en puissance, et que même si la sous-notification est probable, elle concerne essentiellement les incidents mineurs. Le recueil des informations doit conduire graduellement à l’amélioration des pratiques et à la réduction des risques dans l’intérêt des patients.BEH 23-24 – Juin 2011