L’anémie est une complication quasi-constante de l’insuffisance rénale avancée. On considère généralement qu’elle est due à la réduction fonctionnelle du parenchyme rénal secrétant l’EPO, facteur de croissance érythrocytaire. C’est donc la substitution par l’EPO exogène qui en constitue le traitement principal. Une équipe allemande vient de publier des résultats intéressants concernant une voie de signalisation inexplorée jusqu’à présent et pouvant permettre une alternative thérapeutique. Les auteurs ont en effet établi l’importance de l’inhibition de la stimulation de synthèse d’EPO chez les insuffisants rénaux. Elle est due à une baisse de la sensibilité des récepteurs à l’hypoxie, ou plus précisément à une neutralisation du facteur de transcription HIF (Hypoxemia Inducible Factor) du fait d’une hydroxylation. L’administration par voie orale d’un inhibiteur de l’hydroxylation (FG 2216) a permis de décupler (au minimum) la production et les concentrations sanguines d’EPO, y compris chez les sujets anéphriques du fait d’une augmentation de la production extra-rénale (hépatique en particulier). Les concentrations ont été multipliées par 30 chez les IRC, par 14 chez les sujets anéphriques et 12 chez les volontaires sains. Le FG 2216 pourrait donc à terme représenter une alternative intéressante aux ASE (Agents Stimulants l’Erythropoïèse) dont les effets secondaires et le coût restent malgré tout assez lourds. Aucun effet secondaire grave n’a été observé au cours de cet essai de phase I qui devra bien entendu être complété par une évaluation de la tolérance et de l’efficacité à long terme.J. Am. Soc. Nephrology – Nov 2010