Différentes études épidémiologiques ont montré que le syndrome métabolique s’accompagnait du risque de cancer colorectal. Toutefois la caractérisation des rôles respectifs des différents lipides ou fractions du cholestérol en cas d’augmentation a jusqu’à présent été impossible du fait de résultats contradictoires ou inexploitables. L’étude EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and nutrition) a cherché à compléter ces données. Il s’agit d’une étude multicentrique (10 pays européens) de grande envergure (plus de 600 000 sujets) cherchant à évaluer les risques de l’alimentation, du mode de vie et de l’environnement sur la survenue de certains cancers. 2 équipes françaises se sont intéressées au bilan lipidique de 1238 sujets atteints de CCR vs un groupe témoin. La seule association statistiquement robuste qui en est ressorti est une relation inversement proportionnelle entre le taux de HDL-C et le risque de survenue du cancer colique, mais non rectal. Cette relation est indépendante des autres facteurs de risque envisagés (inflammation systémique, stress oxydatif, insulinorésistance). Les mécanismes physiologiques de cette association ne sont pas établis mais des hypothèses ont été avancées : la baisse du HDL-C est connue pour favoriser la production de cytokines pro-inflammatoires (IL6, TNF alpha), qui pourraient avoir un effet promoteur sur la prolifération cellulaire et anti-apoptotique au niveau de la muqueuse colique. Même si les résultats produits ne sont pas en faveur de ces hypothèses, une médiation par les mécanismes de stress oxydatif ou d’insulinorésistance ne peuvent être exclus, pas plus qu’une action directe du HDL-C. Les recommandations hygiéno-diététiques habituelles permettant l’augmentation du HDL-C (régime méditerranéen, activité physique) trouvent ici une justification supplémentaire.Gut 2011 DOI 101136