La découverte fortuite d’un pic monoclonal à l’électrophorèse des protéines (ELP) est un évènement fréquent, surtout depuis le gain de sensibilité apporté par les techniques d’électrophorèse capillaire. L’immunotypage est une étape indispensable pour préciser le type d’Ig monoclonale secrétée par le(s) clone(s) de plasmocytes anormaux. En effet la classe de l’Ig et de sa chaîne légère est des éléments utiles au diagnostic et au pronostic de l’affection découverte. La méthode traditionnelle est l’Immunofixation sur gel (IF). Cependant depuis une dizaine d’année, une technique alternative dite d’immunosoustraction (IS) est réalisable sur les systèmes d’électrophorèse capillaire. Avant de décider d’un éventuel changement méthodologique, des biologistes du CH de Roanne ont comparé ces 2 méthodes sur un panel de 60 échantillons dont 41 présentent un pic anormal à l’ELP. Pour être informatif, ce panel contenait de nombreuses anomalies discrètes ou inhabituelles, telles que des Ig monoclonales de concentration < 1g/l, des Ig biclonales ou triclonales, des myélomes à chaînes légères ou des Ig à activité de cryoglobuline.Les résultats ont été analysés par 2 biologistes expérimentés et formés aux 2 techniques, avec des systèmes et des trousses distribuées par le même fournisseur (Sebia).Les résultats ont été concordants dans 86 % des cas avec une identité portant sur le nombre de bandes minces (ou pics sur l’IS) et leur isotype. Le pourcentage de 14% de résultats discordants était cependant suffisant pour déterminer les avantages et inconvénients liés à des méthodologies différentes.Le résultat le plus important est probablement le gain de sensibilité apporté par l’IF (98%) par rapport à l’IS (88%). Cette dernière technique est inopérante chaque fois que l’Ig monoclonale est non visible à l’ELP, comme dans le cas des Ig de faible concentration, des chaînes légères libres et des profils oligoclonaux. Le seuil de détection de l’IF est en effet très bas, de l’ordre de 0.1 g/l. Cette sensibilité est très importante dans le suivi des myélomes en rémission pour la détection de rechutes éventuelles le plus précocement possible. La seule circonstance ou l’IS s’est révélée plus performante que l’IF est le cas des IgM ayant une activité cryoglobuline, probablement du fait de la migration à 35°5 C solubilisant la cryoglobuline. En outre, les biologistes insistent sur la plus grande facilité de lecture de l’IF et préconisent donc son utilisation, en particulier dans des situations complexes.SPECTRA BIO 185 – mars 2011