Une jeune femme âgée de 22 ans, jusque-là en bonne santé, est transférée de l’unité de soins intensifs, où elle avait été admise pour choc cardiogénique et insuffisance respiratoire hypoxémique aiguë, en service de médecine interne, pour bilan de cette défaillance cardio-respiratoires aiguë. L’ECG initial montrait des anomalies non spécifiques des ondes T et un intervalle QT prolongé, l’échocardiographie, une hypokinésie globale, une dysfonction systolique sévère, une fraction d’éjection ventriculaire gauche de 15 %. L’atteinte cardiaque s’est accompagnée d’une insuffisance rénale aiguë (IRA) non oligurique. Le bilan effectué révèle des titres élevés d’anticorps antinucléaires et d’anticorps anti-ADN, des fractions C3 et C4 du complément effondrées, et le diagnostic de myocardite lupique est suggéré. L’IRA allant en s’aggravant, une biopsie rénale est effectuée, qui montre une glomérulonéphrite proliférative diffuse. Un traitement immunosuppresseur IV est mis en œuvre, associé à une corticothérapie, qui a permis la récupération quasi complète des défaillances cardiaque et rénale. La patiente a regagné son domicile, sous traitement « anti-lupus ». Les auteurs de cette observation insistent, dans ce contexte de myocardite menant à l’insuffisance, compliquée d’insuffisance rénale, sur l’importance du diagnostic précoce du lupus systémique ; cette insuffisance cardiaque pouvant être la première manifestation, potentiellement fatale, du lupus systémique.
SOURCE : Saadulla LA et coll. : Overlapping lupus myocarditis and nephritis : A diagnostic and therapeutic challenge. Renal Week 2010 – American Society of Nephrology’s 43rd Annual Meeting & Scientific Exposition (Denver) : 16-21 novembre 2010.
PUB025, p. 817A
