Des auteurs sud-coréens se sont attachés à préciser, par une étude rétrospective monocentrique, les caractéristiques cliniques et étiologiques de l’infarctus rénal. L’infarctus rénal est une pathologie rare qui doit néanmoins être évoquée devant tout lombalgie. En dehors des causes traumatiques, elle est le plus souvent retrouvée chez des sujets présentant un risque cardio-vasculaire élevé ou une fibrodysplasie de l’artère rénale. Le diagnostic est difficile car peu évoqué en première intention du fait de sa rareté. Si la confirmation par l’imagerie (CT scan abdomino-pelvien injecté) est importante, elle est souvent retardée. Les signes cliniques d’orientation doivent impérativement être complétés par un bilan biologique urgent et pertinent. Les auteurs se sont attachés à déterminer les examens les plus pertinents.Cette étude, qui a inclus 80 cas d’infarctus rénal (dont 52 hommes) diagnostiqués entre janvier 1995 et avril 2010, par scanner et/ou échographie, âgés de 58,6 ± 17,2 ans en moyenne, recense comme symptômes inauguraux  la douleur abdominale (90 % des cas), des nausées (27,5 %) et des vomissements (23,8 %), une anorexie (12,5 %), une fièvre (10 %), une oligurie (1,3 %) et comme principaux signes à l’examen un abdomen sensible à la palpation (76,3 %), une sensibilité à l’angle costo-vertébral (50 %) et une HTA (32,5 %). Les principales anomalies de biologiques observées et donc à rechercher sont :·        l’élévation des LDH (100 % des cas), du nombre de leucocytes à la NFS (70 %),·        la présence d’une protéinurie (68,1 %) et d’une hématurie (66,7 %), ·        une augmentation des transaminases ASAT (66, 3 %) et ALAT (48,8 %), de la créatinine kinase (35,3 %), et de la créatininémie (21,8 % des cas). L’infarctus était situé à droite dans 40,5 % des cas, à gauche dans 36,7 %, et était bilatéral dans 22,8 % des cas. Un diagnostic précoce (< 12 h) permet d’envisager le recours à des techniques de reperméabilisation (pontage ou thrombectomie).Parmi les principales situations et affections sous-jacentes retrouvées figurent : l’existence d’une maladie cardiovasculaire (61,3 % des cas), d’une HTA ou d’un diabète (11,3 %), d’un traumatisme (6,3 %), d’un cancer (5 %), la survenue d’un infarctus post-transplantation rénale (1,3 %), l’existence d’une maladie de Berger (1,3 %). Les auteurs insistent sur l’importance de la recherche et la prise en charge de ces étiologies afin d’éviter les récidives homo- ou controlatérales et les autres complications possibles. Le suivi régulier de la fonction rénale, le traitement d’une HTA éventuelle et un traitement anti-agrégant plaquettaire sont les mesures de prévention secondaire les plus souvent utilisées. SOURCE :  Lee D-W et coll. : The clinical features of renal infarction : Single center, retrospective study. Renal Week 2010 – American Society of Nephrology’s 43rd Annual Meeting & Scientific Exposition (Denver) : 16-21 novembre 2010.