Loin d’avoir disparu les IST sont en recrudescence. Cette évolution, associée à un développement des résistances bactériennes aux antibiotiques disponibles, doit accentuer la vigilance des cliniciens et le recours à des examens biologiques pertinents afin de poser le diagnostic et de mettre en place les traitements adaptés.L’urétrite gonococcique masculine repose essentiellement sur le prélèvement urétral classique. Les signes fonctionnels et physiques sont souvent évocateurs mais ils doivent être confrontés aux données de l’examen direct après coloration de gram et à une identification bactérienne complète avec antibiogramme du fait de l’émergence de souches résistantes. 11% des souches sont actuellement résistantes à la pénicilline et 43% à la ciprofloxacine et le traitement présomptif repose actuellement sur les C 3G (Ceftriaxone). Elle est le plus souvent associée à un traitement aniti-chlamydia systématique (azythromycine) et la sensibilité de la souche isolée doit être confirmée par ATBiogramme. En cas de résistance, le recours à la trobicine est possible.Une recherche par PCR est également possible (possible couplage à la recherche de Chlamydiae et utilisation du premier jet d’urine).En plus du risque d’urétrite, Chlamydia trachomatis est impliqué dans des infections hautes, tant chez l’homme (prostatite, épididymite) que chez la femme (urétrite, salpyngite) avec des risques d’infertilité d’autant plus important que ces infections sont souvent peu symptomatiques et chroniques car passant inaperçues. La recherche par PCR sur premier jet d’urine (chez l’homme, mieux toléré que le prélèvement urétral) ou prélèvement endocervical (chez la femme, plus sensible que l’urine et contenant moins d’inhibiteurs) est la méthode de choix car ces bactéries intra-cellulaires ne se cultivent pas en routine. La sérologie est à réserver au diagnostic d’infection profonde et renseigne peu sur le caractère évolutif de l’affection. Le traitement repose sur les macrolides et les cyclines mais des résistances sont possibles et un prélèvement de contrôle à 6 semaines est souhaitable.Les IST à mycoplasmes uro-génitaux peuvent également causer des urétrites, prostatites, cervicites et balanites. Leur prévalence est restée longtemps sous-estimée mais des études récentes montrent leur implication dans 20% des urétrites masculines. Les espèces pathogènes sont M. genitalium dans les 2 sexes, Ureaplasma urealyticum chez l’homme, Mycoplasma hominis chez la femme. Les prélèvements par écouvillonnage sont les plus utilisés, avec caractérisation d’espèce et quantification qui détermineront la nécessité d’un antibiogramme avant traitement (Macrolides ou cyclines). La PCR est peu pratiquée saufen cas de demande spécifique pour M. genitalium (non cultivable).La situation des hommes partenaires de femmes porteuses de lésions cervicales à HPV doit également être évoquée car leur découverte fortuite dans le cadre du dépistage du cancer du col est de plus en plus fréquente. L’examen clinique et la peniscopie à la recherche de lésions non visibles à l’oeil nu sont inauguraux. En l’absence de lésion, la recherche et le typage sont inutiles. La présence de condylomes impose de confirmer l’infection virale par des prélèvements urétraux et éventuellement anaux, avant d’envisager un traitement médical (Imiquimod, Aldara) ou par cryothérapie.Enfin les sérologies des autres IST doivent être réalisées de façon systématique (HIV, syphilis, hépatite B) du fait de la fréquence des associations d’IST.Qot. Med Dec 2010 d’après une comunication du Dr BOHBOT Institut Fournier et Carnet du Biologiste N°14 (Biomnis Dec 2010)