Streptococcus agalactiae (streptocoque du groupe B) est le principal agent des méningites bactériennes néo-natales. La prévalence de ces infections est liée à la présence fréquente de ce germe au niveau vaginal mais aussi à sa capacité à franchir la barrière hémato-encéphalique.Une équipe française a découvert, en reproduisant expérimentalement l’infection chez l’animal, la cause de cette aptitude.Ils ont étudié plus particulièrement la bactérie impliquée dans les méningites à début « tardif » (après le 6ème jour de vie) : le sérotype capsulaire III, clone ST 17. Ils ont pu mettre en évidence une protéine de surface spécifique, HvgA, qui est à l’origine de cette hypervirulence.In vitro, elle permet à la bactérie d’adhérer aux cellules de l’épithélium intestinal et de le franchir. Les auteurs pensent que cette propriété, initialement dévolue à la colonisation bactérienne de l’intestin (alors qu’il y colonisation de l’arbre respiratoire par les streptocoques B impliqués dans les méningites néo-natales de la première semaine) peut être un facteur de virulence dans le contexte néo-natal. En effet, l’immaturité de la microflore digestive ne lui permet pas de jouer un rôle neutralisant. La colonisation puis le franchissement de l’épithélium intestinal permettent la dissémination hématogène, puis le franchissement de la barrière hémato-encéphalique grâce à HvgA qui permet l’adhésion aux plexus choroïdes et à l’endothélium microvasculaire de la même façon qu’à l’épithélium intestinal.La caractérisation des souches isolées chez le nouveau-né ou la mère permettrait de mieux caractériser le risque encouru et la stratégie antibactérienne à adopter.Journal of Experimental Medicine 25/10/2010