La possibilité d’une relation entre un taux bas de testostérone et la morbidité cardio-vasculaire a été évoquée dans le cadre d’association de facteurs de risque tels qu’un profil lipidique athérogène, une insulinorésistance, une obésité et un profil prothrombotique.A contrario, des travaux ont montré que la testostérone avait une action vasodilatatrice (antagoniste des canaux calciques) qui pouvait s’exerce au niveau coronarien et augmenter le seuil angineux chez les coronariens. Enfin, une supplémentation en testostérone réduit le cholestérol total, la masse grasse, le syndrome métabolique et améliore l’équilibre glycémique chez le diabétique.Par ailleurs, la carence androgénique atteint une population masculine vieillissante (elle est évaluée à 30% après 60 ans).Une étude précédente (EPIC-Norfolk) qui excluait les hommes souffrant de maladies cardio-vasculaires avait montré une relation inverse entre la mortalité cardio-vasculaire et le taux de testostérone sérique.Mais aucune étude ne s’était intéressée jusqu’à présent au cas des hommes coronariens.C. Malkin et coll. Ont publié récemment le résultat de leurs travaux qui avaient un double objectif : évaluer l’impact du statut en testostérone sur la mortalité (toutes causes confondues) des hommes coronariens et dans le même temps identifier la prévalence d’un déficit en testostérone chez ces patients.Cette étude prospective a suivi une cohorte de 930 patients durant 7 ans après coronarographie initiale et des dosages de testostérone totale (liée à la TBG, à l’albumine et libre, ces 2 dernières fractions constituant la testostérone biodisponible.La prévalence du déficit en testostérone biodisponible était de 20,9% (16% pour la testostérone totale, moins informative et 24% pour le total des 2).La surmortalité était notable dans le groupe à taux de testostérone basse : 21% vs 12% en cas de taux normal.L’importance de cet écart doit-il conduire à inclure la testostérone dans l’évaluation du risque cardio-vasculaire. En pratique clinique, il y aurait nécessité de répéter ces dosages car les taux peuvent fluctuer de façon significative. En outre, ce dosage n’a de l’intérêt que s’il débouche sur un traitement. Les auteurs notent qu’il y a eu une augmentation marquée de la prescription de testostérone. La recherche d’un impact à long terme sur la morbi-mortalité cardio-vasculaire est indispensable. Dans le cas où elle serait démontrée, cet effet positif devra être mis en balance avec les effets secondaires et risques connus (sur la prostate, l’érythrocytose, les apnées obstructives du sommeil).Heart 20/10/2010