Les hypothyroïdies d’origine auto-immune sont des pathologies fréquentes avec une prévalence de 1 à 10% selon les populations étudiées.Le marqueur diagnostique le plus sensible est la TSH. Cependant chez de nombreux sujets, la présence d’Ac anti-thyroïdiens précède l’élévation de la TSH. Une étude longitudinale a donc cherché à démontrer que des sujets euthyroïdiens, la positivité des Ac thyroperoxydase et/ou anti-thyroglobuline était un marqueur prédictif puissant du risque d’apparition ultérieure d’hypothyroïdie. Cette étude longitudinale menée sur 13 ans et 1184 participants a permis de déterminer le risque de survenue d’une hypothyroïdie en fonction de la TSH et des Ac anti-thyroïdiens.Des seuils de TSH ont été préalablement déterminés afin de définir une hypothyroïdie sub-clinique (> 4 mUI /L) et franche (> 10 mUI/l).Après 13 ans de suivi 110 sujets (dont 84 femmes) présentaient une hypothyroïdie dont 42 (38 femmes) une hypothyroïdie franche.Une étude statistique a permis de déterminer les valeurs seuils optimales de TSH et d’Ac anti-thyroïdiens prédictives de l’apparition d’une hypothyroïdie : TSH > 2.5 mUI/l, Ac anti-TPO > 29 UI/l et Ac anti-Tg > 22 UI/l.Chez les femmes ayant des Ac positifs et une TSH entre 2.5 et 4 mUI/L le risque d’hypothyroïdie à 13 ans était de 12%. Il s’élevait à 85.7% pour une TSH > 4 mUI/l.Les seuils de TSH à 2.5 ou 4 mUI/l sont donc de bons marqueurs prédictifs du risque d’apparition d’hypothyroïdie à plus ou moins long terme. Les cliniciens et les biologistes le savaient par expérience mais cette étude a le mérite de le démontrer.

J Clin Endocrinol Metab 2010 ;95 : 1095-104