Le diagnostic précoce est un facteur essentiel de prise en charge de la maladie d’Alzheimer (MA) car il permet de ralentir l’évolution de l’affection de façon beaucoup plus efficace que lorsqu’elle est découverte tardivement. Une équipe de chercheurs internationaux vient de réalise un important pas en avant en validant l’utilisation à ces fins de 2 marqueurs biochimiques.Ils ont travaillé sur une cohorte de 800 sujets américains âgés de 55 à 90 ans. 200 d’entre eux étaient indemnes de tout symptôme, 400 présentaient des troubles cognitifs modérés (MCI) et 200 souffraient de MA. 3 marqueurs ont été envisagés dans le LCR : la protéine 1-42 Bêta amyloïde, la protéine Tau et la protéine Tau 181 p (phosphorylée). Ils ont ensuite cherché des corrélations entre ces marqueurs ou leur association et l’état clinique des individus testés. 2 signatures biologiques se sont dégagées :Protéine 1-42 élevée + protéine Tau 181 p abaissée => MA ou risque élevéProtéine 1-42 normale + protéine Tau 181 p normale => Pas de MA ou risque faibleDes résultats anormaux étaient en effet retrouvés chez 90% des sujets MA, 72% du groupe MCI et 36% du groupe normal seulement. Pour ces derniers une association avec la présence de l’allèle de l’ApoE epsilon 4 majorait le risque.Des études de confirmation sur 2 cohortes de sujets décédés de MA (64/68 : 94% de sensibilité) ou atteints de MCI et suivis pendant 5 ans (57/57 : 100%) ont validé la robustesse de l’association de ces 2 protéines.Les auteurs en tirent 2 conclusions : la première est qu’un diagnostic purement biologique est désormais très proche, la seconde porte sur le tiers de positivité chez les sujets indemnes et suggères que l’affection est active et détectable plus tôt qu’on ne le pensait.Arch Neurol vol 67, N° 8 pp 949-56