L’indication principale du dosage de la microalbuminurie est en France le suivi du diabète. Si son intérêt n’est pas discuté, des travaux récents montrent que son intérêt va bien au-delà du seul contexte diabétique. Le syndrome métabolique et l’HTA sont également des causes de microalbuminurie indépendantes du diabète et la valeur prédictive de ce paramètre sur le risque cardio-vasculaire et rénal est actuellement établie dans toutes ces circonstances.Ainsi dans l’étude LIFE, chez l’hypertendu ayant une hypertrophie ventriculaire gauche, l’albuminurie à l’inclusion est un facteur déterminant des futures complications cardio-vasculaires.Dans le sous-groupe de sujets diabétiques, une microalbuminurie significative (> 10 mg/j) multiplie par 3 le risque de mortalité cardio-vasculaire. Les résultats de l’étude REENAL confirment cette augmentation de la morbidité cardio-vasculaire, ainsi que rénale chez les diabétiques ayant une néphropathie.Mais cet impact peut également dans la population normale. Les auteurs scandinaves insistent sur l’intérêt du rapport microalbuminurie / créatinurie qui permet de dépister précocement une atteinte athéromateuse, y compris chez des sujets asymptomatiques et quelle qu’en soit l’origine (dysfonction endothéliale comme dans l’HTA ou lésions microvasculaires comme dans le diabète). Cette mise en évidence précoce du risque vasculaire et rénale permet d’anticiper sur ces complications. La diminution de la microalbuminurie grâce à une meilleure maîtrise de la PA ou de la glycémie est très significativement corrélée à une diminution des évènements cardio-vasculaire et à une baisse de la mortalité (étude ADVANCE et ONTARGET). Le suivi de la microalbuminurie est donc aussi important chez le sujet hypertendu que chez le diabétique et doit être considéré selon les auteurs plus comme « un appel à intervention » ou « une cible thérapeutique » que comme un simple indicateur de suivi du diabétique. Communication 20th European Meeting on HTA – OSLO 18 – 21 Juin 2010