L’hépatite C découverte tardivement ou résistante au traitement antiviral conduit à la cirrhose ou au cancer du foie. La transplantation hépatique reste alors la seule possibilité thérapeutique. Malheureusement, dans un certains nombre de cas, une fois la greffe effectuée, une seconde attaque virale se produit et l’évolution vers l’hépatite chronique et la cirrhose est bien souvent inéluctable.C’est dans ce contexte qu’une étude d’une équipe strasbourgeoise apporte des données très intéressantes. 6 patients rechuteurs ont été suivis de façon longitudinale sur le plan virologique. Les chercheurs ont constaté que chez ces patients se produisait une modification de la population virale permettant aux souches de VHC mutées toute à la fois d’échapper au pouvoir neutralisant des AC et d’acquérir une capacité de pénétration cellulaire très efficace. Ces modifications ne sont pas retrouvées chez les patients non recruteurs.Cette étape de recherche fondamentale acquise, les chercheurs se sont immédiatement intéressés aux possibilités de neutralisation de ces virus mutés. Ils ont testés des Ac monoclonaux de mécanisme d’action différents (dirigés soit contre des glycoprotéines d’enveloppe du virus, soit contre un récepteur cellulaire de l’hépatocyte) mais visant à empêcher la pénétration virale. Tous deux ont neutralisé de façon croisée l’infection virale. Il semble donc possible de mettre au point des traitements préventifs de réinfection du greffon par le VHC. Le développement préclinique de ces thérapeutiques est déjà lancé.Journal of Experimental Medicine, 207 : 2019-31, Sept 2010