Le rôle protéiforme de la vitamine D en physiologie est aujourd’hui reconnu. Connue pour son importance dans le métabolisme phosphocalcique, son action et a contrario les conséquences de son déficit dans des pathologies très diverses (cardio-vasculaires, tumorales, dégénératives…) est de plus en plus fréquemment évoqué. Tout récemment une étude a suggéré qu’elle pourrait jouer interférer avec les épidémies de viroses saisonnières. Les infections rhino-pharyngées sont transmises classiquement lors des rassemblements humains et avec un pic épidémique en automne et en hiver. L’hypothèse communément admise d’une broncho constriction liée au froid limitant l’action naturelle de clairance bronchique pourrait être remise en cause par les travaux d’une étude américaine. Les auteurs ont eu l’idée de rechercher un lien chez les personnes exposées entre le taux sanguin de vitamine D et le risque respiratoire. Une étude en double aveugle menée chez 198 adultes sains au cours des saisons froides 2009-2010 a montré une corrélation nette. Lorsque le taux de vitamine D restait supérieur à 38 ng/ml (18 sujets), le taux d’infection était de 16,6%. Lorsque ce taux baissait en deçà de ce seuil (180 sujets), l’incidence atteignait 45%. En outre la gravité et la durée de l’infection étaient moindres chez les sujets non carencés. De là à proposer une supplémentation systématique ou chez les sujets à risque, il n’y a qu’un pas. Avant de le franchir, des études dédiées et une compréhension des mécanismes physiologiques de protection sont néanmoins souhaitables.PLoS ONE – Juin 2010