La prise en charge thérapeutique de l’hépatite B chronique a connu des avancées majeures ces 5 dernières années avec des formes plus efficaces d’IFN alpha et la mise sur le marché de molécules d’autres familles (analogues nucléosidiques et nucléotidiques). En dépit d’avancées indéniables, l’élimination du virus marquant la guérison définitive reste un objectif difficile à atteindre compte tenu du manque de recul. L’objectif réaliste est donc la Réponse Virologique Soutenue (RVS) définie par l’indétectabilité de l’ADN viral 6 mois après l’arrêt du traitement.La quantification de l’ADN viral reste un examen coûteux et difficilement généralisable. C’est pourquoi des alternatives faisant appel aux techniques immunologiques plus répandues sont activement recherchées. De façon quasi-simultanée, 2 équipes ont étudié l’intérêt de la quantification de l’Ag HBs, désormais disponible et automatisable, dans le cadre du suivi de l’efficacité thérapeutique de l’hépatite B traitée. Elles ont toutes 2 concerné des patients atteints d’infection à mutants VHB HBe négatifs, plus résistants aux traitements.La première étude s’est intéressée à la décroissance dans le temps de l’Ag HBs chez 48 patients traités pendant 48 semaines par peg-IFN. La quantification de l’Ag HBs a été réalisée en parallèle avec la quantification de l’Ag HBs à S12, 24, 48 puis 72 et 96 après arrêt du traitement. Une RVS a été constatée chez 25% des sujets. Les sujets répondeurs ne montraient aucune différence du point de vue de la charge virale ou de la concentration d’Ag HBs initiale par rapport aux non-répondeurs. Par contre la comparaison des cinétiques de décroissance de l’Ag HBs montrait une valeur prédictive de réponse au traitement plus forte et plus précoce que celle de la charge virale. En particulier des seuils de décroissance ont pu être définis à S12 (-0.5 log) et S24 (-1 log) comme présentant des valeurs prédictives positives et négatives très fortes (90 et 89% à S12 ; 97 et 92% à S24), alors que la décroissance de l’ADN viral ne permet pas de distinguer les répondeurs durables et les rechuteurs.La seconde étude comparait des patients traités soit par IFN seul, lamivudine seule ou association des 2. la quantification de l’Ag HBs à S48 et S96 a montré que la décroissance n’était observée que chez les patients recevant de l’IFN, seul ou en association et que seule une décroissance d’au moins 1 log en cours de traitement ou un taux < 10 UI/ml à S48 était associé à une RVS.Ces études rétrospectives méritent d’être confirmées de façon prospective mais elles laissent entrevoir la possibilité d’utiliser ce marqueur en complément, voire en remplacement de la biologie moléculaire et de définir des stratégies thérapeutiques ajustables aux résultats biologiques individuels.Hepatology 2009 – 49 (4)