L’épidémie de Chikungunya (CHK) ayant frappé les îles de l’Océan indien et en particulier la réunion en 2006-2007 a remis sur le devant de la scène un de ses vecteur : Aedes albopictus, moustique également connu pour être le vecteur de la dengue. A noter qu’il ne s’agit que d’un vecteur secondaire, le principal Aedes aegypti étant absent dans l’océan indien.Les études cliniques et épidémiologiques ont montré des cas de coinfections à ces 2 arboviroses. La question de la contamination s’est alors posée : Etait-elle consécutive à 2 piqûres de moustiques différentes ou alors une piqûre unique issue d’un même vecteur porteur des 2 virus pouvait-elle en être responsable ? La preuve de la transmission de 2 maladies par un même moustique n’avait jusqu’alors jamais été faite. Un même moustique peut-il délivrer des particules virales différentes au cours du même repas infectant ? C’est à cette question que s’est attaché à répondre une équipe de l’Institut Pasteur. Pour cela on a infecté des femelles témoins avec les 2 virus en simulant un repas infectant à l’aide d’une membrane formée par de la peau de poulet, posée sur un verre contenant une mixture de sang et de virus. Puis après 14 jours la salive des insectes a été recueillie pour rechercher les particules virales. Les 2 souches présentes dans la préparation de départ ont été retrouvées dans la salive. En parallèle, les chercheurs ont montré qu’un moustique déjà porteur du virus du CHK pouvait être secondairement infecté par le virus de la dengue. Cette constatation est importante dans la mesure ou le territoire géographique d’Aedes albopictus s’étend non seulement en zone tropicale mais de plus en plus dans des zones tempérées. Le portage mixte pourrait être responsable d’épidémies d’autant plus importantes et difficiles à contrôler qu’elles toucheraient alors une population non immunisée.PLoS Neglected Tropical Diseases Juin 2010