La sensibilité à l’infection VIH et son évolution est très variable selon les individus. Chez certains d’entre eux, l’infection reste très longtemps cliniquement asymptomatique et biologiquement peu évolutive (stabilité des CD4, charge virale faible). Cette population, baptisée long carrier ou contrôleur à long terme a pour des raisons évidentes suscitées l’intérêt des chercheurs explorant les mécanismes de résistance au VIH. L’explication la plus communément admise reposait jusqu’alors sur une particularité génétiquerestreignant l’accès du VIH aux cellules cibles par modification de ses récepteurs. Une équipe américaine a récemment découvert un trait de résistance de nature immunitaire. Ils ont en effet isolé chez les sujets appartenant à un groupe HLA de classe I particulier (HLA B57, 1 individu/200) une efficacité accrue des lymphocytes NK (Natural Killers). Grâce à l’étude de données expérimentales obtenues sur des cellules NK thymiques, ils ont établis que ces cellules T NK avaient la capacité de de se lier à un plus grand nombre de protéines du VIH et de particules virales. Cet élargissement du répertoire des cellules NK permet une réponse plus forte contre l’infection VIH. Cette immunité croisée est de plus étendue aux souches mutées qui échappent habituellement à la réponse immunitaire primaire. Cette découverte relance les espoirs de vaccination qui pourraient mobiliser les cellules NK, habituellement peu nombreuses et quantitativement insuffisantes chez le sujet normal pour freiner l’infection par le VIH. Cette hypothèse doit toutefois être expérimentalement confirmée et son innocuité doit être évaluée car ces cellules sont impliquées dans les maladies auto-immunes avec perte de l’auto tolérance immunitaire.Nature OnLine 05/05/2010