La présence de mécanismes de résistance divers explique les difficultés dans les traitements antibiotiques des infections communautaires et hospitalières. Pour les bactéries à gram négatif le mécanisme montrant l’augmentation la plus forte est la présence de béta-lactamases à spectre élargi (BLSE). La première BLSE est apparue en Allemagne en 1983 (SHV-2, puis TEM3). Depuis lors environ 100 TEM et 50 SHV ont été découverts mais c’est depuis les années 90 et l’émergence des CTX-M (CefoTaxiMases, 84 variants) que le phénomène s’est accéléré. Ce nouveau mécanisme se distingue de ces prédécesseurs par une résistance au Céfotaxime plus importante qu’à la Ceftazidime. Sa capacité de diffusion tient essentiellement à quatre facteurs :ðCes enzymes initialement présentes chez d’autres entérobactéries (Kluyvera) sont mobilisées par une séquence d’insertion permettant une expression à haut niveau de l’enzymeðLeur transposition se fait grâce à des plasmides à large spectre d’hôtes de l’environnementðEnfin un clone d’E. Coli de sérotype 025 et de séquençotype ST131 porteur de CTX-M-15, bien adapté à l’homme et uropathogène diffuse largement dans le monde entier (1/4 des E. Coli BLSE)ðLa pression de sélection des ATB favorise leur émergence dans la flore intestinaleCette diffusion représente une véritable pandémie à l’échelle mondiale, aucune région n’étant épargnée mais la situation est surtout préoccupante en Asie du Sud-est (60% des souches en milieu hospitalier et 35% en ville).En France la situation est moins grave mais montre néanmoins une progression nette (multiplication par 3 des souches porteuses de BLSE isolées dans les LCR et par 10 dans les hémocultures entre 2001 et 2006). Le problème thérapeutique découle aussi des résistances associées puisque dans 80% des cas les E. Coli CTX-M sont résistants aux fluoroquinolones et au cotrimoxazole. Il en découle des échecs fréquents, en particulier lors des traitements probabilistes des infections urinaires.Dans le milieu communautaire, le portage sain est également en augmentation, puisque une étude espagnole a permis de le retrouver ces souches chez 7% des sujets étudiés. La dissémination se fait au sein des familles et des communautés partageant les repas, probablement du fait d’une hygiène des mains incorrecte.Le contrôle de ces souches potentiellement responsables de phénomènes épidémiques est impératif en milieu hospitalier. En plus des mesures d’hygiène standard, un dépistage (écouvillonnage rectal) et un isolement sont recommandés avec rappel des mesures d’hygiène des mains au retour à domicileCNBH – Sept 2009 d’après J. Antimicrob Chemother. 2008 ; 62 (5)