Le paludisme reste un fléau à l’échelon planétaire et tout particulièrement en Afrique. On sait depuis longtemps que certains individus porteurs de variants de l’Hb (HbS et HbC) en particulier sont moins sensibles à l’infection. Une équipe de chercheurs Européens et Africains a cherché à savoir si ces variants influencent la transmission du parasite de l’homme aux moustiques vecteurs ou sont simplement en rapport avec une diminution des symptômes observés. Le cycle du parasite chez l’homme (développement dans le foie puis multiplication dans le sang) est bien connu et il semblait légitime de penser que ces modifications de l’Hb limitait cette multiplication intra érythrocytaire.Les chercheurs ont conduit leur étude parasitologique chez 4000 personnes vivant en Afrique de l’Ouest. Des expériences de transmission ont été effectuées sur plus de 6000 moustiques in vivo (le moustique pique des hommes porteurs de différents types d’Hb caractérisées préalablement) et ex vivo (le moustique se nourrit à travers une membrane de sang de divers variants génétiques).Les résultats ont été surprenants montrant une élévation paradoxale du risque de transmission de P. falciparum de l’homme au moustique (X3) lorsque le sujet piqué est porteur de l’HbC. Des examens complémentaires menés chez les sujets ont également montré une parasitémie plus élevée chez ceux-ci.Les variations structurales et conformationnelles de l’HbC par rapport à l’Hb normale semblent donc à la fois favoriser le parasitisme intra érythrocytaire tout en réduisant les conséquences pour les individus. La cause en est inconnue mais elle montre que la variabilité génétique, en plus d’influencer la résistance à l’infection pèse sur sa dynamique de transmission et accroît le risque pour les sujets indemnes dans l’entourage de ces porteurs de variants de l’Hb.

Les chercheurs ont prévu de poursuivre leurs travaux en Afrique australe afin de confirmer l’étrange cohabitation d’un risque individuel réduit et d’un potentiel de contagiosité accru et d’en déterminer si possible la ou les causes.

Nature Genetics on line 26/03/10