L’hyponatrémie est une anomalie biologique définie par une baisse de la concentration sérique ou plasmatique en sodium (classiquement < 135 mmol/l). Elle est cliniquement significative lorsqu’elle est inférieure à 130 mmol/l et mérite alors d’être investiguée. En premier lieu, il est recommandé de calculer la natrémie corrigée d’après la formule suivante : [Na]c = [Na] + (Glycémie en mmol/l -5)/3 afin d’éliminer les fausses hypernatrémies des décompensations diabétiques. D’autres situations peuvent également en être responsables : hyperprotidémies (myélomes et Waldenström avec complexation du Na), intoxications (glycérol, mannitol, éthanol…).Les facteurs de risques principaux sont l’âge avancé puisque le risque relatif n’est que de 1.54 entre 40 et 50 ans pour grimper à 5.8 après 80 ans et le degré d’hyponatremie (hyponatrémie sévère au-dessous de 120).Le diagnostic peut être fortuit, les signes cliniques dépendant de la rapidité d’installation et de la sévérité de l’hyponatrémie. Au-dessous de 130 apparaissent des sensations de malaises divers (nausées, vomissements, dégoût de l’eau, chutes) et au-dessous de 125 surviennent des troubles neurologiques graves pouvant aller jusqu’au coma, aux convulsions et au décès par œdème intracellulaire.L’examen clinique et des tests biologiques complémentaires sont  essentiels pour catégoriser le type et la cause du désordre :ð     hyponatrémie + hypovolémie = hyponatrémie de déplétion : avec des signes de déshydratation extracellulaire (pli cutané, hypoTA orthostatique, tachycardie, perte de poids). Le bilan biologique complémentaire met en évidence une hémoconcentration (protidémie  et ht élevées) et une insuffisance rénale fonctionnelle (Ur > Cr). Les étiologies sont responsables soit d’une fuite de sel rénale (diurétiques, néphropathies, insuffisance surrénalienne) soit de pertes digestives ou cutanées.ð     Hyponatrémie + hypervolémie = hyponatrémie de dilution : Il s’agit de la situation la plus fréquente avec présence d’œdème ou d’épanchements divers. La protidémie et l’Ht sont abaissées. Les causes les plus fréquentes sont les syndromes néphrotiques, la cirrhose, l’insuffisance cardiaque ou rénale chronique.ð     Hyponatrémie normovolémique (avec hyperhydratation intra-cellulaire pure) : il faut évoquer un SIADH (Syndrome de Secrétion Inappropriée d’ADH) qui représente 60% des cas. Les principales causes sont les infections broncho-pulmonaires, les cancers du poumon, les stress post-opératoires, les AVC, les intoxications médicamenteuses (thiazidiques, anti-dépresseurs tricycliques, anticonvulsivants, neuroleptiques, AINS, IEC…) et les syndromes paranéoplasiques. Une fois la nature et la sévérité de l’hyponatrémie établie, la prise en charge comprend un traitement étiologique et symptomatique si nécessaire (correction lente par perfusion de sérum salé hypertonique qui présente également des risques neurologiques) et surveillance clinique et biologique étroites.Option Bio – Mars 2010