PROGRES ET PERSPECTIVES DANS LE DEPISTAGE DU CANCER DU COL
Le dépistage du cancer du col utérin en France repose essentiellement sur le frottis cervico-utérin. L’utilisation des milieux liquides a certes permis l’amélioration des performances et la standardisation des méthodes mais le FCU reste un examen très imparfait.
En cas d’anomalie cytologique, des tests complémentaires doivent être réalisés : la colposcopie même réalisée par des opérateurs entraînés pêche par manque de sensibilité puisqu’elle méconnaît entre 26 et 42% des lésions de type CIN 2. Les test permettant la recherche d’HPV oncogène (et 18 essentiellement) par biologie moléculaire apparaissent donc indispensables dans la stratégie de dépistage. Les principales questions en suspens concernent la hiérarchisation de ces tests par rapport au FCU et le type de méthode.
Leur utilisation en dépistage primaire a été démontrée dans des régions où celui-ci est bien organisé (comme au Canada, avec un rapport coût efficacité favorable). Les tests positifs seront suivis d’un triage par FCU. La sensibilité de cette politique est plus importante que celle du FCU seul mais aussi plus spécifique après 35 ans avec diminution du recours à la colposcopie. Des études actuellement en cours proposent même de remplacer le FCU par des recherches de bio marqueurs viraux et non viraux spécifiques des lésions CIN 2. En outre la recherche d’HPV à partir d’autoprélèvement vaginaux a été validée et elle permetrait d’élargir le champ du dépistage à des femmes n’ayant pas accès à des consultation gynécologiques régulières.
Toutefois, la meilleure solution semble être la combinaison d’entrée du FCU et du test HPV. Cette option est recommandée par les sociétés savantes américaines car elle combine la sensibilité de la recherche d’HPV et la spécificité du FCU. A moyen terme, certains auteurs estiment que la recherche d’ARNm et non plus d’ADN HPV permettra d’améliorer la spécificité clinique en renseignant le clinicien sur le caractère évolutif de l’infection HPV, en particulier chez les femmes de moins de 30 ans.
Quot. Med, d’après les communications du congrès EUROGIN – Février 2010
