L’allergie à l’arachide est l’une des allergies alimentaires les plus fréquemment retrouvées, en particulier en pédiatrie. Elle peut donner des manifestations cliniques graves et doit donc être caractérisée afin d’être prévenue par l’éviction des aliments dangereux. En pratique les tests diagnostiques utilisés sont les tests cutanés et la recherche des IgE spécifiques. Des résultats positifs à ces tests définissent une sensibilisation des enfants à l’arachide, qui n’est pas synonyme d’allergie vraie. Celle-ci ne peut être établie qu’après croisement avec des épisodes cliniques concordants à l’interrogatoire ou après confirmation par des tests de provocation orale. Malheureusement cette confirmation est, pour des raisons pratiques, difficile à établir dans certains cas (anamnèse incertaine, tests de provocation orale non réalisables…).C’est pour cette raison qu’une équipe anglaise a cherché à comparer les résultats obtenus par des tests d’allergie moléculaire chez des enfants sensibilisés à l’arachide avec les résultats des tests de provocation orale effectués chez ces mêmes enfants.Cette cohorte comportait 933 enfants suivis depuis leur naissance. 110 d’entre eux étaient considérés comme sensibilisés à l’arachide sur la foi d’IgE spécifiques ou de tests cutanés positifs. La distinction entre l’allergie vraie et la tolérance s’est faite grâce à des tests de provocation orale et / ou des arguments anamnestiques convaincants chez 93 d’entre eux. Il a été établi que 41 étaient réellement allergiques et 52 tolérants.La réalisation rétrospective des tests d’allergie moléculaire (test ARA h2) chez ces enfantsa permis d’identifier des différences marquées dans le profil de sensibilisation des enfants allergiques et celui des enfants tolérants. Les auteurs en ont conclu que l’allergène Ara h2 était le marqueur prédictif le plus important d’une allergie clinique à l’arachide. Il semble donc légitime de pratiquer un dosage d’Arah2 dans le cadre de l’exploration des sensibilisations à l’arachide, pour discriminer les enfants réellement allergiques des enfants tolérants et proposer des conduites préventives adaptées à chaque cas.JACI Vol 125 P 191-197 Janvier 2010