La procalcitonine (PCT) est le précurseur de la calcitonine. De nombreuses études ont montré ses propriétés de marqueur spécifique des infections bactériennes sévères, utilisable tant pour le diagnostic, le pronostic et le suivi de l’évolution septique. La forte consommation d’antibiotiques en unités de soins intensifs, basée sur des recommandations rigides et génératrice de résistances bactériennes ainsi que de dépenses importantes a conduit une équipe française a s’intéresser à un guidage de la prescription fondé sur le dosage de la PCT Ils ont conduit une étude randomisée menée dans 8 USI françaises en comparant un groupe de 307 patients chez lesquels l’antibiothérapie était mise en place lorsque le taux de PCT dépassait 0.5 uG/l et arrêtée dès qu’elle redevenait inférieure à ce seuil à un groupe témoin de 314 patients traités selon les recommandations classiques. Les critères d’inclusion comportaient une suspicion d’infection bactérienne dans le contexte d’un état critique et un séjour prévisible en USI d’au moins 3 jours. Les décès aux 28ème et 60ème jours ainsi que le nombre de jours sans ATB à J28 ont été les principaux critères de l’évaluation.Les résultats obtenus montrent clairement une diminution de la durée du traitement chez les patients du groupe PCT (11.6 jours contre 14.3 jours à J28). Elle se traduit de façon objective par une économie substantielle (le coût du dosage quotidien de la PCT étant largement inférieur à celui d’une ATBiothérapie à large spectre (10 fois environ, 10 € vs 115 €) et à plus long terme par une diminution du risque d’émergence de résistances bactériennes et des autres effets secondaires liés à une antibiothérapie prolongée. Cette stratégie a été appliquée à divers sous-groupes d’infections prédéfinis (infection communautaire acquise, infection nosocomiale, pneumopathie sous assistance respiratoire, sujets immunodéprimés (…). Le plus important est que cette diminution guidée de la durée du traitement ne pénalise le patient puisque la mortalité à J28 et J60 sont équivalentes dans les 2 groupes (21% vs 20% et 30% vs 26%).La diversité des causes et des sites d’infection présents dans cette étude et le raccourcissement significatif de la durée de traitement permettent de penser que leurs conclusions pourraient être applicables à la majorité des patients non chirurgicaux dans les USI, y compris les sujets immunodéprimés et de repenser la stratégie de prescription des ATB dans ces circonstances.Lancet on line 23/01/2010