A l’heure actuelle le diagnostic biologique des septicémies repose sur la mise en culture de milieux spécifiques, non sélectifs (aérobie et anaérobies).La cinétique de croissance des germes étant variable selon leur espèce, leur nombre de départ et leur environnement (en particulier en cas d’antibiothérapie préalable au prélèvement pouvant l’inhiber), le diagnostic positif est obtenue entre 12 et 48 h dans les meilleurs cas. Une nouvelle technique d’identification reposant sur l’association de la PCR et des puces à ADN a récemment été évaluée. Ce dispositif « Prove It sepsis » est conçu pour identifier plus de 50 bactéries gram positifs et négatifs responsables de la majorité des septicémies. Cette détection s’accompagne d’une identification grâce à des régions à la fois variables et conservées de la topo-isomérase bactérienne. L’étude a concerné 3300 patients chez lesquels une septicémie était soupçonnée avec comparaison de méthode entre la méthode traditionnelle et la nouvelle plate-forme.Une bactériémie a été retrouvée pour 2107 échantillons testés avec les hémocultures, alors que le Prove It sepsis donnait un résultat positif pour 1807 de ces échantillons. Les résultats montrent une sensibilité clinique de 94,7% et une spécificité de 98,8%, qui atteint 100% dans le cas des septicémies à SARM. Le principal intérêt repose sur le gain de temps de 18h en moyenne. Pour l’instant, cette technique ne peut se substituer à l’hémoculture classique qui permet la réalisation d’un antibiogramme simultanément à l’identification et qui n’est pas restrictive du point de vue des bactéries à rechercher. Elle peut néanmoins être envisagée en cas d’urgence extrême d’identification (ou d’exclusion) de germes et reste susceptible d’évoluer dans un avenir proche (extension aux levures, parasites, à d’autres milieux biologiques…)Lancet 10/12/2009