La sensibilité des nouvelles techniques d’électrophorèse permet de détecter des Ig monoclonales en faible concentration mais donne aussi des irrégularités de tracé non spécifiques. La technique de confirmation de référence reste l’immunofixation qui permet de faire ressortir l’Ig monoclonale au sein des Ig polyclonales, grâce à son homogénéité.Cette technique repose sur 4 étapes successives : ÜUne électrophorèse des protéines sur gel en déposant les échantillons sur des pistes de migrationÜUne réaction Ag/Ac en déposant des anti-sérums spécifiques des chaînes lourdes ou légères que l’on souhaite révélerÜUne coloration (après lavage) afin de visualiser le réactionÜL’interprétation : au niveau des différentes pistes, l’absence d’Ig monoclonale se traduit par l’observation d’une zone de coloration diffuse reflétant l’hétérogénéité de la population des Ig polyclonales. Au contraire la présence d’Ig monoclonale(s) se traduit par une ou des bandes étroites au niveau des chaînes lourdes et légères (ou seulement légères dans le cas de myélomes à chaînes légères).D’autres profils sont d’interprétation plus difficile : une restriction d’hétérogénéité ou profil oligoclonal se traduit par un aspect zébré (ou en très fins barreaux d’échelle) et une densification par une bande de faible densité mais de largeur intermédiaire entre la bande étroite et l’aspect homogène ou diffus normal. Ces profils limites doivent absolument être contrôlés à distance car ils constituent souvent des formes débutantes ou préalables à l’apparition d’Ig monoclonales.La présence conjointe de 2 bandes étroites du même isotype pose le problème de la distinction entre une Ig monoclonale unique sous 2 formes polymérisées ou de 2 Ig monoclonales de 2 clones différents. L’utilisation préalable d’un agent réducteur (2 Mercapto-Ethanol) permet d’éliminer l’artéfact de la polymérisation d’une Ig monoclonale unique.L’observation d’une chaîne légère sans chaîne lourde associée peut être due à une sécrétion limitée aux chaînes légères mais aussi à la recherche exclusive des 3 principales chaînes lourdes (gamma, alpha, mu). Il faut dans ce cas impérativement rechercher un anti-D ou un anti-E. Il est également recommandé de rechercher une protéinurie de Bence-Jones dans ce cas.Indépendamment des difficultés « normales » d’interprétation, la technique présente aussi des limites : un excès d’Ag (en cas d’Ig monoclonale de forte concentration) peut donner un aspect atypique avec une bande à centre clair. Au contraire une concentration faible (éventuellement liée à une dilution excessive) peut conduire à une bande peu distincte (ou à un aspect limite tel que cité plus haut). Le contrôle après réajustement de la dilution de l’échantillon permet d’améliorer la qualité des tracés.La nature de l’échantillon est également importante. La présence d’une cryoglobuline va donner une bande identique au niveau de chacune des pistes car les protéines restent immobilisées dans le gel et ne peuvent migrer normalement. Le préchauffage de l’échantillon, du tampon et du gel permet normalement de résoudre ce problème. Enfin une connaissance du contexte clinique et biologique (douleurs osseuse ou neurologiques, syndrome tumoral, NFS, VS, protéinurie, calcémie…) permet d’éveiller la vigilance du biologiste au moment de l’interprétation et du rendu du résultat qui doit orienter le clinicien vers une conduite diagnostique appropriée.Option Bio – Mai 2009