Plus de 1 500 000 bébés sont nés grâce aux techniques de procréation médicalement assistée. Les résultats obtenus sont dans la plupart des pays consignés dans des registres nationaux. Il n’est pas apparu jusqu’ici que les enfants nés par PMA présentaient davantage d’anomalies que ceux conçus spontanément. Toutefois, un bémol doit être mis à cette impression dans la mesure où ces registres arrêtent leur surveillance à la naissance. Il était donc impossible de conclure à l’innocuité de ces pratiques à un âge plus avancé où certaines pathologies absentes ou non repérables à la naissance peuvent être diagnostiquées. De plus la légère augmentation de morbidité observée à la naissance en cas de PMA était classiquement mise sur le compte des grossesses multiples fréquentes, avec leur cortège de prématurité et d’hypotrophie.

Cependant, l’augmentation des grossesses unique en PMA et les données statistiques fournies par les registres des pays nordiques suggèrent une augmentation de certains risques : paralysie d’origine cérébrale (X2), prématurité, hypotrophie, anomalies musculaires ou cardiaques. Certaines études à 5 ans indiquent un risque

augmenté de retard de développement et de troubles du langage. Même si ces résultats sont controversés, ils suscitent une inquiétude réelle qui a conduit certains auteurs à s’intéresser aux causes éventuelles de cette surmorbidité. 3 étiologies ont donc été envisagées : la stimulation ovarienne, les techniques de laboratoire, l’infécondité parentale. Afin de dégager des tendances les auteurs ont comparé des cohortes de parents ayant des caractéristiques opposées pour chaque risque envisagé : grossesses après stimulation vs grossesses spontanées, grossesses après FIV vs grossesses après stimulation sans FIV, grossesses IAD vs grossesses IAC pour l’infertilité féminine ou grossesses dans les couples hypoféconds non traités vs population générale.

L’étude statistique des 29 publications retenues présente probablement des biais et des failles. Néanmoins, les auteurs parviennent à la conclusion que le risque principal n’est lié ni à la stimulation ni aux techniques de laboratoire mais plutôt à l’infécondité originelle du couple. Si cette hypothèse s’avérait exacte, il serait intéressant d’entreprendre des recherches pour identifier les facteurs de risque. Toutefois, dans le cas où elles seraient couronnées de succès, faudrait-il envisager l’éviction des couples à risque du processus de PMA ?

Hum. Reprod. 18, 10, 1987-91- 2003