Les résultats d’études récentes ont conduit à reconsidérer certaines données sur l’allergie aux protéines du lait de vache (APLV). En terme de fréquence tout d’abord, qui augmente de façon significative depuis une quinzaine d’années. Ainsi, actuellement 20% des nourrissons présentent un eczéma, lié dans 40% des cas à une APLV. Plus récemment, l’APLV a été impliquée dans une proportion semblable de reflux gastro-oesophagiens du nourrisson. Parallèlement, les connaissances avancent dans le domaine physiopathologique avec des données nouvelles concernant les allergènes et les épitopes en cause. Alors que pendant longtemps le principal allergène incriminé a été la bêtalactoglobuline, en raison de sa résistance à la chaleur et de son absence du lait de femme, la caséine est aujourd’hui au premier plan. En effet, bien que présente dans le lait de femme et thermolabile, cette protéine recèle des épitopes non conformationnels et donc peu altérés par la chaleur. Contrairement aux allergènes de l’œuf, la cuisson du lait n’améliore donc pas la tolérance. De plus la réactivité à ces épitopes s’avère être plus durable que celle observée avec la bêtalactoglobuline.

Par ailleurs, si le diagnostic reste essentiellement clinique, des progrès ont été réalisés dans l’exploration des 2 formes classiques d’APLV : la forme IgE-dépendante et la forme IgE-indépendante. Les premières bénéficient de dosages d’IgE spécifiques qui présentent l’intérêt d’une bonne fiabilité diagnostique et dans le suivi grâce à l’évaluation quantitative et qualitative. Le diagnostic clinique des secondes peut être étayé par l’utilisation d’un patch-test dont l’intérêt a été démontré dans une étude française récente.

L’évolution de cette affection est souvent favorable avec l’âge. Néanmoins, si la notion de guérison spontanée reste valable, elle doit être modulée. En effet, la tolérance aux protéines du lait de vache est souvent partielle et statistiquement les enfants ayant soufferts d’APLV présenteront une fréquence d’anomalies digestives supérieure à celle de la population témoin par la suite.

Enfin dans le domaine de la prise en charge, les recommandations diététiques et la qualité des produits de substitution proposés (hydrolysats de protéines, laits hypoallergéniques…) permettent une amélioration de la symptomatologie et de la qualité de vie des nourrissons.

Communication MEDEC 2005