l’allergie médicamenteuses est un problème diagnostique difficile à résoudre en pratique. La complexité de l’enquête anamnestique, les réticences à interrompre un traitement ou la dangerosité des test de provocation expliquent l’intérêt de recourir à un test biologique non invasif plus performant que le dosage des IgE spécifiques souvent pris en défaut. Le plus connu est le test d’activation des basophiles (Basotest), qui a pour vocation de rechercher des sensibilisations médicamenteuses et d’étudier les réactions IgE-médiées ainsi que les réactions croisées. Néanmoins, la fiabilité analytique étant discutée, une étude récente méthodologiquement rigoureuse a cherché à déterminer la sensibilité et la spécificité de ce Basotest dans l’une des situations les plus fréquentes dans le domaine de l’allergie médicamenteuse : l’hypersensibilité immédiate aux béta-lactamines. Les auteurs voulaient comparer 2 populations :  celle des patients sélectifs (réagissant uniquement à la pénicilline et non à la benzylpénicilline) et celle des patients à réaction croisée (sensibilisation à divers déterminants des pénicilline, dont la benzylpénicilline). Une cohorte de 70 patients ayant présenté une réaction allergique immédiate a donc été divisée en 3 groupes : groupe A avec tests cutanés positifs / IgE spécifiques négatifs, groupe B avec tests cutanés négatifs / IgE spécifiques positifs, groupe C avec tests cutanés négatifs / IgE spécifiques négatifs / test de provocation orale positif. Le basotest était réalisé en cytométrie de flux en utilisant différents déterminants antigéniques des béta-lactamines. Les résultats ont été les suivants : 34 % de patients positifs, soit une sensibilité globale de 48% (contre 44 % pour les IgE spécifiques et 65% pour les 2 tests associés) et une spécificité de 91 %. De façon plus détaillée, le basotest était positif chez 51% des patients du groupe A, 60% du groupe B et seulement 14% du groupe C. De même, l’efficacité du test varie en fonction des haptènes utilisés avec une positivité dans 77 % des cas en cas de sensibilisation aux céphalosporines, mais bien plus réduite pour les autres déterminants (amoxicilline, BP etc…). Enfin si la sensibilité globale est légèrement supérieure à celle des IgE spécifiques, elle s’exprime différemment selon le type de réaction : le Basotest est plus performants chez les patients sélectifs mais les IgE spécifiques ont une meilleure sensibilité chez les patients présentant des réactions croisées.

En conclusion, cette étude a le mérite de confirmer les données déjà disponibles, à savoir que ce test  manque de sensibilité (environ 50%), mais aussi d’affiner ses indications. S’il ne représente pas la panacée et ne peut se substituer aux explorations cliniques ( il n’éviterait que 14 % des tests de provocation orale dans le groupe C), il mérite d’être combiné aux dosages d’IgE spécifiques dont il est complémentaire afin de gagner en sensibilité globale et se révèle particulièrement indiqué dans les suspicions d’allergies aux céphalosporines.

Clin Exp Allergy – 11/2004