L’une des dernières étapes du processus de fécondation est la pénétration du spermatozoïde dans l’ovocyte, après le franchissement de la zone pellucide. Il est acquis que certaines infertilités sont liées à des anomalies survenant lors de cette étape, avec absence de fusion des membranes spermatiques et ovocytaires. La connaissance des mécanismes moléculaires a progressé grâce à l’identification récente du récepteur ovocytaire, qui est une protéine CD9. En revanche, le facteur spermatique demeurait inconnu. Une équipe japonaise l’a récemment identifié en combinant des techniques d’immunologie classique et de biologie moléculaire. L’antigène de fusion est une protéine de type immunoglobuline qu’ils ont appelé IZUMO. Afin de confirmer sa fonction, ils ont généré une lignée de souris K-O pour cet antigène. Ces souris IZUMO -/- sont effectivement en bonne santé mais tous les mâles sont frappés de stérilité. Leur spermatozoïdes morphologiquement normaux et présentant une mobilité correcte franchissent la zone pellucide mais sont inaptes à fusionner avec l’ovocyte.

L’extension de ces données à l’espèce humaine a permis de retrouver cette protéine sur les spermatozoïdes humains. Expérimentalement, l’adjonction d’Ac anti-IZUMO dans le milieu de culture rend le sperme humain incapable de féconder des ovocytes de hamster dépellucidés, ce qui démontre le rôle identique joué par cette immunoglobuline en fécondation humaine.

La découverte de la protéine de fusion masculine survenant peu après celle du CD9 permet de compléter la connaissance fondamentale de cette étape indispensable à la fertilité et démontre une fois encore que des mécanismes de biologie cellulaire de type immunologique peuvent être impliqués dans des domaines très variés de la physiologie humaine et animale.

Nature 2005 – 434