Une étude originale et multidisciplinaire menée par une équipe française a identifié une possible relation entre apnées du sommeil et atteinte hépatique chronique. A partir d'une cohorte de 163 patients adressés pour suspicion clinique d'apnées du sommeil, divers examens ont été pratiqués et comparés à ceux d'un groupe témoin. La polysomnographie a confirmé le diagnostic dans 79% des cas (27% de formes sévères et 52% de formes modérées). Mais les auteurs ont surtout eu la surprise de constater que 32% des patients présentant une forme sévère et 18% de ceux atteints d'une forme modérée présentaient une élévation significative des transaminases par rapport au groupe témoin (9%). Plus surprenant encore, cette relation était indépendante de l'index de masse corporelle. Un facteur différent du surpoids (habituellement retrouvé dans les stéatoses hépatiques avec hypertransaminasémie) pourrait donc contribuer à l'atteinte hépatique. Les biopsies du foie réalisées (n=18) montrent des lésions plus importantes chez les patients souffrant de formes sévères. Les auteurs concluent donc qu'une relation de nature actuellement indéterminée est probable. Ils incitent donc les cliniciens à demander systématiquement un dosage de transaminases en cas de suspicion d'apnées du sommeil. Réciproquement, une élévation inexpliquée des transaminases doit inciter le médecin à orienter son interrogatoire : il faut non seulement demander à l'entourage si le patient boit le jour, mais aussi s'il ronfle la nuit !

Hepatology  - 2005 ; 41