l’une des caractéristiques physiologiques des maladies à prions est la formation d’une protéine anormale, présentant un défaut de repliement par rapport à la protéine normale qui lui confère une résistance à la protéase (PrPsc). Cette modification conformationelle permet la discrimination et la détection de la PrPsc. Toutefois sa concentration dans les divers liquides biologiques étant très faible, elle était jusqu’alors inaccessible aux tests biologiques existant. Sa recherche ne donnait des résultats fiables qu ‘au niveau des tissus où elle pouvait être suffisamment concentrée, c’est à dire le cerveau et certains tissus lymphoïdes. Compte-tenu de leur nature et de leur accessibilité limitée, le diagnostic ne pouvait être porté qu’a posteriori sur des échantillons nécropsiques ou nécessitaient des moyens très invasifs. La détection des faibles quantités présentes dans le sang représente donc un enjeu majeur.
Une équipe américaine a récemment développé une technique d’amplification nommé PMCA (Protéin Misfolding Cyclic Amplification). Elle consiste schématiquement à faire grossir les agrégats de protéine anormales, puis à les casser par ultrasons. L’amplification repose sur ce principe agrégation/désagrégation., effectué de façon cyclique. Réalisée préalablement aux méthodes de détection habituelles, elle permet d’augmenter leur sensibilité d’un facteur 6000, ce qui donne une possibilité théorique de détection de très faibles quantités (8000 molécules). Les auteurs l’ont appliquée expérimentalement à la recherche de prions dans le sang de hamsters infectés en phase clinique de la maladie et a comparé les résultats avec ceux obtenus chez des hamsters sains. Un signal clair a été obtenu chez 16 des 18 hamsters malades et aucun chez les hamsters témoins. Ces premiers résultats sont encourageants puisqu’ils suggèrent une sensibilité de 89% et une spécificité de 100%. Ils devront bien sûr être confirmés par des études portant sur des populations plus importantes et à terme étendues à l’homme. En outre, la complexité de leur mise en œuvre (même si certaines étapes peuvent être automatisées) conduisent certaines équipes à privilégier d’autres approches techniquement plus simples.
Nature Medecine – 08/05
