en France 47000 FIV sont réalisées chaque année. Malgré l’évolution des techniques et le recours de plus en plus fréquent à l’ICSI, le taux de grossesses cliniques reste stable depuis plusieurs années (entre 20 et 25%) ainsi que le taux de grossesses gémellaires (environ 25%). L’option principale pour améliorer le taux de grossesses cliniques tout en diminuant les grossesses gémellaires est d’améliorer la qualité des embryons transférés tout en réduisant la quantité. Pour cela, l’étude multicentrique MERIT a cherché à évaluer l’efficacité de 2 types de stimulation sur la folliculogénèse. Elle a comparé l’action de la stimulation par ménotrophine (Menopur, gonadotrophine possédant une activité LH en plus de l’activité FSH) à celle, classique, d’une FSH recombinante isolée. 730 patientes divisée en 2 groupes équivalents y ont participé. Les autres aspects du protocole de stimulation (agonistes du LHRH pour la désensibilisation, HCG pour le déclenchement, progestérone pour le soutien de la phase lutéale) étaient similaires dans les 2 groupes.
Les critères d’évaluation étaient hiérarchisés. Le principal critère était le taux de grossesses évolutives (fœtus viable à l’échographie 10-11 semaines après transfert). Les critères secondaires étaient multiples : nombre d’ovocytes recueillis, taux de fécondation, taux de fausses-couches, proportion d’embryons de bonne qualité, profil hormonal.
2 résultats ressortent de cette étude : tout d’abord le taux de grossesses évolutives était plus important chez les femmes stimulées par Ménocur (27% contre 22%, soit un avantage de 1,25 avec un intervalle de confiance de 95%). Ensuite le pourcentage d’embryons de qualité obtenu (11,3 contre 9%). Ces résultats semblent d’autant plus probants que le nombre moyen d’ovocytes recueillis et transférés par cycle est comparable dans les 2 groupes. En outre, même en cas de transfert d’embryons de qualité optimale dans les 2 groupes, les femmes ayant reçu du Menocur ont des taux d’implantation et de grossesse évolutives significativement supérieurs (48 contre 32%). La conjugaison des 2 folliculostimulines semble donc conférer un avantage au niveau de la qualité embryonnaire, qui se traduit par des chances de succès augmentées.
Quotidien du Médecin – 10/2005
