Le syndrome métabolique qui associe généralement une obésité viscérale, une dyslipidémie, une hyperglycémie et une HTA est devenu l’un des problèmes de santé publique majeurs, d’autant plus qu’il ne se cantonne plus aux pays dits riches.
Cependant, il s’agissait jusqu’à présent d’une entité aux contours vagues, non définie de façon précise et univoque. Certains auteurs lui reprochait son côté fourre-tout en prétendant qu’elle regroupait des entités nosologiques de nature différente. C’est pourquoi un groupe d’experts sous l’égide de l’IFD (Fédération Internationale du Diabète) s’est réuni afin de proposer une définition claire et précise de ce syndrome, reposant sur des données chiffrées. Les résultats de ces travaux viennent d’être publiés dans le Lancet et définissent les règles d’inclusion d’un patient dans le syndrome métabolique :
  1. Obésité viscérale : IMC > 30 kg/m2 ou tour de taille > 94 cm et 80 cm chez la femme pour des sujets d’origine européenne (ces seuils varient avec l’origine ethnique).
  2. Au moins deux autres des paramètres suivants :           Ø TG > 1,5 g/l

Ø HDL-CT < 0,4 g/l chez l’homme ou 0,5 g/l chez la femme
Ø Dyslipidémie traitée
ØHTA avec PAS > 130 mm Hg  ou traitée
Ø Glycémie à jeun > 1g/l ou DID II traité
Des limites claires définissant désormais ce syndrome, reste à en évaluer l’intérêt réel et principalement la prise en charge thérapeutique la plus appropriée. D’aucuns suggèrent en effet que la médiatisation croissante du syndrome métabolique serait en partie lié aux pressions exercées par certains laboratoires pharmaceutiques.
Néanmoins, de nombreuses études démontrent que son impact morbide et économique est considérable. L’identification des sujets à risque et des facteurs prédictifs éventuels restent également des enjeux majeurs de la recherche pour les années à venir.

Lancet 2005 ; 366 : 1059-1062