L’infection congénitale à CMV est relativement fréquente (1% des grossesses) et peut avoir des conséquences graves chez le fœtus. Elle est en effet symptomatique dans 10% des cas et responsable principalement de séquelles neurologiques. A l’heure actuelle le diagnostic de primo-infection à CMV est possible grâce à la sérologie qui permet d’objectiver une séroconversion chez la femme enceinte. L’atteinte fœtale peut ensuite être confirmée avec la recherche de CMV par PCR dans le liquide amniotique. Actuellement en France le dépistage sérologique est laissé à l’initiative du prescripteur, qui donnera des conseils de prévention en cas d’absence d’immunité. La non-systématisation de ce dépistage repose sur l’absence de traitement prénatal efficace de cette infection. Or une étude récente va peut-être changer la donne. En effet les auteurs ont étudié une cohorte de femmes enceintes ayant contracté une primo-infection à CMV pendant leur grossesse. 2 groupes ont été définis : dans le premier, l’atteinte fœtale était confirmée après amniocentèse et le traitement administré était considéré comme curatif. Il consistait en une injection IV de globulines hyperimmunes anti-CMV à la dose de 200 unités/kg. Dans l’autre, l’atteinte fœtale consécutive à la primo-infection n’était pas documentée (infection trop précoce ou refus d’amniocentèse) et le traitement était dit préventif. Il consistait en une injection mensuelle de globulines hyperimmunes. Dans chacun des 2 groupes, la moitié des femmes était traitée alors que l’autre moitié recevait un placebo. Les résultats montrent que dans le premier groupe (traitement curatif), seules 3% des femmes ayant reçu les gammaglobulines ont donné naissance à un enfant porteur de l’infection à CMV contre 50% des femmes non traitées. Dans le second groupe (traitement préventif), 16% des femmes ayant reçu le traitement ont donné naissance à une infection congénitale contre 40% des femmes n’en ayant pas bénéficié. Ces résultats démontrent l’efficacité de l’administration de globulines hyperimmunes spécifiques dans le traitement de l’infection congénitale à CMV. La stratégie de dépistage et de prévention de cette infection durant la grossesse pourrait a terme être complètement bouleversée.