Ces mycobactéries communes sont connues depuis longtemps et sont responsables des granulomes des piscines. Ces infections survenaient après des bains de mer, d'eau douce ou plus souvent sous forme de cas groupés chez des sujets ayant fréquenté la même piscine. Cliniquement les lésions apparaissent sur une peau préalablement lésée (même légèrement). Après une incubation de quelques jours à quelques semaines, une lésion papulo-nodulaire apparaît et peut en l'absence de traitement adapté entraîner des complication de gravité croissante : lymphangite, ténosynovite, arthrite et même ostéite. En cas de découverte au stade de complications et malgré une antibiothérapie bien conduite, un traitement chirurgical est nécessaire dans la moitié des cas. Les familles d'antibiotiques les plus efficaces sont les macrolides, les cyclines, les phénicolés et la rifampicine. Une bithérapie est souvent conseillée, même en l'absence de résistance, afin d'améliorer la diffusion ou la vitesse de bactéricidie du traitement. Les traitements sont habituellement prolongés (médiane = 3,5 mois).
Du point de vue épidémiologique, le nombre de cas recensés chez des baigneurs a diminué grâce à une meilleure chloration des piscines. Ils se sont par contre multipliés chez les aquariophiles, avec des atteintes de la main et du membre supérieur, dues à un contact direct avec les animaux infectés ou simplement avec l'eau contaminée. Des mesures de prévention simples telles que le port de gants lors de la manipulation des aquariums et des poissons et la réalisation d'une antisepsie en cas de lésions cutanées exposées permettraient d'éviter la survenue de cette affection, souvent justiciable de traitements lourds.
BEH - N°44/2003
